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Contrôle anti-dopage au sommet de l’Etat

Sébastien Lecornu vient d’ordonner la réalisation, régulière et de manière inopinée, de tests salivaires au sommet de l’État. Le but est de repérer les ministres, membres de cabinets, et hauts fonctionnaires, qui prennent de la drogue, et les virer si c’est le cas.

La démarche provoque le buzz, et l’irritation chez une partie du public cible, qui le prend pour une démarche de défiance à son égard. Pourtant, c’est une action nécessaire, et doit même être amplifiée.

Elle vise d’abord à promouvoir l’exemplarité, face aux ravages du narcotrafic. Si les trafiquants font de si bonnes affaires, c’est qu’il y a des clients, et que la consommation se banalise. Viser les consommateurs, et créer un véritable risque (perdre son boulot) peut amener à une baisse, voire à une disparition de la consommation. Certes, c’est assez marginal en nombre de personnes concernées, mais si le haut de la hiérarchie ne s’y met pas, c’est inutile de le demander aux autres. Demander aux dirigeants du pays de respecter la loi est un minimum.

Elle vise aussi à l’efficacité, car un haut fonctionnaire accro à la coke prend rarement de bonnes décisions, et n’est probablement pas un bon manager. Certes, on peut objecter que vu le rythme demandé à ces personnels, la tentation du dopage existe. Mais le remède peut être pire que le mal, donc l’excuse ne tient pas. Si le rythme est si intense, c’est souvent parce que ces hautes sphères, et notamment les cabinets ministériels, ne sont pas efficaces. On y perd un temps fou sur des bricoles sans importance, sur des mini crises générées par des caprices de diva ou des changements d’agenda « imposés » par l’actualité. Si on veut diminuer la pression sur les cabinets ministériels, c’est leur organisation qu’il faudra revoir.

Elle vise aussi à la sécurité. Cela n’est pas mis en avant, mais il faut absolument éviter que des hauts fonctionnaires aient des faiblesses qui permettent d’avoir une emprise sur eux. Nous sommes entrés dans une guerre souterraine, où les manipulations pullulent, et où les services de renseignement étrangers (d’ennemis, mais aussi d’alliés) cherchent à infiltrer notre appareil d’État. On ne peut plus se permettre d’avoir des gens qu’on peut faire chanter, ou qui régulièrement, peuvent s’épancher en donnant des infos confidentielles à des gens qui ne devraient pas les avoir.

5 réponses sur « Contrôle anti-dopage au sommet de l’Etat »

Sinon, on peut aussi arrêter cette « guerre contre la drogue », qui n’a jamais marché, nulle part.
Écouter les chercheurs, regarder comment ça se passe ailleurs. Légaliser. Avoir une politique de SANTÉ publique et pas une gesticulation sécuritaire.
Mais c’est trop demander.

Ils ne se dopent pas à la beuh, mais à la cocaïne. Autant la première on peut discuter un peu, mais la seconde…

L’intention est louable.

On aura peut être quelques surprises….
Sur la logique sécurité, il faudrait s’attaquer aux abus d’alcool, et à tous ceux qui ont des maitresses / amants ou qui s’envoient des sextos et relèvent du bon vieux Kompromatt.

Je m’interroge aussi sur le cas d’un fonctionnaire qui serait positif « par ricochet » (fumeur passif….) ou de celui qui, dans un pays où ce serait légal, consomme un produit pendant ses vacances, sans être dépendant (je ne sais pas si ça existe mais ça promet quelques contentieux non ?)

Ce qui est recherché n’est pas le cannabis, mais la cocaïne et les médocs. Les tests salivaires ne permettent de remonter qu’à des consommations récentes. Et oui, derrière, c’est l’ensemble des failles et faiblesses qu’il faut traquer. Mais boire de l’alcool ou avoir des maitresses n’est pas une violation de la loi, donc c’est plus compliqué à traquer que la consommation de drogues dures.

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