Donald Trump a un besoin, en ce moment, qui surpasse tout : ne pas perdre les élections de Mid-terms qui ont lieu début novembre. La situation est très délicate pour lui, car traditionnellement, ces élections de mi-mandat sont plutôt défavorables au président en place. Mais en plus, la situation économique n’est pas fabuleuse. L’inflation est toujours là et le prix des carburants est une préoccupation forte de la base électorale de Trump.
Le président américain active donc tous les leviers qu’il peut pour agir sur le prix des carburants, dont la hausse a été provoquée par son aventure militaire irréfléchie au Moyen-Orient. Après l’échec des négociations avec l’Iran, comme il ne reste plus qu’un mois avant le scrutin, il lui faut un choc d’offre sur les carburants, afin de faire baisser le prix. Il a donc demandé aux pays occidentaux de mettre sur le marché une partie de leurs réserves stratégiques, ce que nous avons accepté de faire. Au passage, une baisse des prix du diesel chez nous arrange bien notre gouvernement. Mais comme cela ne suffit pas, Trump est allé faire son marché chez Poutine, en menaçant les ukrainiens, qui sont en capacité de bloquer la production et la livraison dans les temps de ce diesel, dont Trump a tant besoin.
Trump montre ainsi son vrai visage, qui est celui de tous les populistes. Il n’est proche que de ses intérêts, et son seul véritable but est de se maintenir au pouvoir. Tout le reste n’est qu’opportunisme, en fonction des rapports de forces et des besoins du moment. Oui, Trump a sans doute une forme de sympathie pour Poutine, entre dictateurs et would-be dictateurs, on se comprend. Mais si Trump était réellement si proche de Poutine, cela fait belle lurette qu’il aurait lâché l’Ukraine, et qu’un armistice aurait été signé. Car malheureusement, sans les États-Unis, l’Ukraine n’est pas en capacité de tenir, tout comme la Russie ne tient que par le soutien de Pékin. C’est d’ailleurs dans cette rivalité avec Pékin, structurante à Washington, qu’il faut lire le fait que malgré toutes les rodomontades et volte-face de Trump, les ukrainiens tiennent toujours.
Trump apparait comme un guignol versatile, mais en fait, il y a une constante dans son comportement. Il ne pense qu’à lui, à son pouvoir, et tout le reste est adaptable, sans la moindre considération morale. C’est comme cela qu’il faut analyser nos populistes locaux. La seule ancre est leur accession et leur maintien au pouvoir. Le reste, et notamment les convictions, ne sont que des postures et des outils, qu’on utilise à bon escient, et qu’on jette éventuellement le jour où ils ne servent plus, et sont devenus contreproductifs. Un seul exemple français, particulièrement caricatural, l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par Jean-Luc Mélenchon. Il s’en sert sciemment pour mobiliser des communautés dont il convoite le vote, sortant de temps en temps Rima Hassan, qui n’existe que par son positionnement sur le sujet. Je ne suis pas certain qu’une arrivée de Jean-Luc Mélenchon au pouvoir entrainerait une amélioration du sort des palestiniens. Il s’en moque probablement complètement. Et le jour où cette posture ne lui est plus utile, Rima Hassan retournera au néant politique.
Le combat politique du moment est entre ceux qui ont des convictions, et ceux qui ne s’intéressent qu’au pouvoir en soi. Je suis assez inquiet, car la catégorie des populistes sait très bien prendre les postures faisant croire qu’ils portent des convictions, entrainant derrière eux des militants parfois sincères. Ce n’est qu’une fois qu’ils sont au pouvoir (comme Trump) qu’on se rend compte de la supercherie. Mais c’est trop tard.