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La part de responsabilité des politiques

Les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale sont un lieu de spectacle politique, destiné à mettre en scène des postures. C’est exactement ce qui c’est passé le 30 juin, avec une passe d’armes entre la présidente du groupe écologiste et le Premier ministre, à propos de la canicule.

Estimant cette scène insuffisante, le groupe écologiste annonce le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement, histoire de faire encore plus de raffut. On attend de voir s’ils arrivent à trouver des cosignataires (ils sont 38 et il faut 58 signataires), car tout cela est clairement fait pour réaffirmer une forme de « droit de propriété » des écologistes sur le sujet du Climat. Même s’ils font beaucoup d’autres choses, les écologistes sont quand même encore très associés à ces sujets, et il fallait donc en faire des caisses. Du moins, plus que tous les autres. D’où le fait de dégainer, outre la demande de commission d’enquête, la motion de censure.

Tout cela relève de la gesticulation, mais pour autant, cela peut ne pas être totalement dénué d’impact. Faire monter médiatiquement la sauce permet de créer un rapport de force. La canicule étant encore dans tous les esprits, c’est maintenant qu’il forcer les annoncer. Battre le fer pendant qu’il est chaud.

Là où on peut être plus inquiet, c’est sur l’efficacité réelle de tout cela, si derrière, il n’y a pas de solution concrète à proposer. Le débat sur la climatisation a mis le focus sur cette solution, qui est clairement dans le panel de ce qui possible. Encore faut-il que ça soit fait intelligemment, et pas chacun sans son coin, à acheter des climatiseurs chinois, où on perd 50% de l’efficacité car il faut laisser une fenêtre entre-ouverte.. Il ne faudrait pas non plus que toutes les aides et efforts se fassent là dessus, car il y a bien d’autres choses à mettre en œuvre.

Pour que tout cela serve effectivement à quelque chose, il faut que les filières industrielles soient prêtes, que des gens aient déjà réfléchi à ce qu’il faut faire, à ce qui peut se faire vite, ce qui demande du temps et de l’argent, et donc ne se fera pas tout de suite. J’ai malheureusement peur que le fonctionnement intrinsèque du politique n’impose ses KPI : des quick-win, qui ne coûtent pas d’argent public, et permettent de faire de belles capsules sur les réseaux sociaux. On risque de se retrouver avec un nouveau gâchis, du fait de l’incapacité des politiques (tous bords confondus) à construire des consensus et à construire des politiques publiques intelligentes et à les exécuter sur la durée. Même si l’Etat ne peut pas tout, et que le gouvernement n’a pas de baguette magique, il détient une partie des solutions. Il serait dommage de gâcher un moment où l’acceptation de mesures « difficiles » est plus facile à obtenir, du fait de la canicule.

Faire de la politique, par le spectaculaire et les coups de pression ne me posent pas de problème, à condition que ça débouche sur des politiques publiques efficaces et intelligentes. En revanche, si c’est juste pour préserver un pré-carré à des fins électoralistes, ça me dérange.