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L’année de tous les dangers

La Cour des Comptes vient de publier son rapport sur l’exécution du budget 2025. Le constat est clair, et violent. Plus de 90% des dépenses sont rigides, c’est à dire qu’elles ne peuvent être réduites que par des réformes de fond, qui imposent de passer la loi, et donc des décisions politiques.

On est arrivé au bout de ce qu’il est possible de faire pour réduire le déficit à coup de baisses des effectifs de fonctionnaires et de compressions de crédits. L’augmentation du budget de la Défense, qui est en train d’être acté va achever de supprimer toute marge de manœuvre au gouvernement dans le « pilotage opérationnel ». Vu l’explosion des taux d’intérêts, la solution de l’emprunt n’est pas envisageable. Une hausse des impôts ne rapporterait pas suffisamment, vu leur niveau déjà élevé. On va arriver au fond de l’impasse courant 2026, avec une situation économique internationale qui se dégrade, et donc plus de mauvaises surprises que de bonnes à attendre.

La politique des « non choix » qui a été menée jusqu’ici, faute de courage politique de part et d’autre, est terminée. Il va falloir entrer dans le dur, en taillant dans les dépenses de redistribution, en passant à une fiscalité spoliatrice, ou en se lançant dans l’aventure en laissant filer le déficit et en augmentant la dette pour un coût insupportable à moyen, voire à court terme. Il n’y a aucune bonne solution, qui règle le problème en faisant plaisir à tout le monde.

Actuellement, je vois surtout du déni de la part des politiques, avec des programmes politiques qui évitent soigneusement de poser clairement et simplement le problème et les solutions possibles, avec une proposition de mix entre elles. Si les politiques ne pilotent pas ce changement, il va s’imposer par la force des choses, avec beaucoup de brutalité, d’injustices et de fractures sociales. Cela a déjà commencé, avec la hausse des prix des carburants, où le gouvernement, faute d’argent, n’a pas totalement joué le rôle d’amortisseur financier pour entreprises et ménages. Ce sont donc les ruraux, déjà pas bien riches, qui se prennent de plein fouet les conséquences financières, là où les urbains des métropoles, qui n’ont pour beaucoup, pas de voiture, ne se rendant même pas compte du problème.

La litanie des problèmes ne fait que commencer. Si la crise géopolitique au Moyen-Orient se poursuit, d’autres secteurs vont être touchés, les taux d’intérêts vont monter, l’inflation va repartir à la hausse. Alors même que nous sommes financièrement bloqués, le gouvernement en place (et le le suivant) vont se retrouver face à une augmentation des demandes de soutien sur fonds publics. Ils seront considérés comme des demandes légitimes, vu que cela s’est toujours pratiqué, avec le récent « quoi qu’il en coute » du Covid, encore dans tous les esprits. Il suffit que des groupes d’opposition irresponsables (cela relève presque du pléonasme en France) se mettent à attiser ce mécontentement, pour que le feu prenne. Il faut juste souhaiter que ça n’explose pas avant ou pendant la campagne pour l’élection présidentielle, car cela pourrait perturber le processus démocratique. Vous imaginez, une élection présidentielle en pleine vague de blocages façon « Gilets jaunes » ?

L’année qui s’ouvre devant nous est celle de tous les dangers, car je ne vois pas où est la bifurcation qui va permettre de traiter les problèmes. Cela pourrait se traduire, par une solution « sortie de route » conforme à notre tradition politique, où ne sait réformer qu’en renversant la table. Cela fonctionne, mais cela coûte cher, avec des blessures qui mettent longtemps à cicatriser.

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