Le ridicule ne tue pas, et heureusement pour Olivier Faure. Alors que nous sommes à un mois de la pause estivale, que le sujet des primaires est discuté depuis des mois, voilà qu’ils sort de son chapeau une double primaire. Il propose qu’il y ait un premier scrutin, pour départager le PS et les groupuscules à sa droite, avant que le vainqueur n’affronte les candidats positionnés à sa gauche.
On se demande si Olivier Faure vit dans le monde réel. A quoi cela rime de proposer un tel système, politiquement incompréhensible, et matériellement impossible à mettre en place ? Cette forme de « en même temps », où il reste partisan du principe de la primaire, tout en sabotant le dispositif, achève de ruiner sa crédibilité. Cela montre à quel point le parti socialiste est au fond du trou.
Le but d’un parti, dans le cadre de la Ve République, est de sélectionner et de préparer un candidat à la présidentielle. La logique veut que ce candidat putatif soit élu à la tête du parti, afin de disposer des moyens de préparer et mener sa campagne. Une fois le moment venu, cela permet de dérouler ses messages. C’est exactement ce que font la France Insoumise, Renaissance, Horizons, LR, Reconquête et le RN. Il n’y a qu’au sein de la gauche réformiste (Écologistes et socialistes) où les choses se passent différemment.
On a pourtant deux partis structurés et organisés, avec un chef identifié, qui dans les deux cas, semblent avoir envie d »y aller, mais en sont empêchés. La culture politique de ce segment a toujours eu du mal avec la personnalisation et le fait d’avoir un « chef », d’où la désignation (hormis Mitterrand) de second couteaux peu charismatiques. Les victoires de Jospin de Hollande sont davantage des défaites de Chirac et Sarkozy, qu’un véritable engouement pour le PS. La confirmation a été apportée en 2002 avec l’élimination de Jospin dès le premier tour. Ne parlons même pas de François Hollande, qui n’a même pas été en capacité de se représenter (les sondages lui donnant 6%). Le chef n’étant pas une star, qui a tout sous contrôle, il peut donc être en permanence contesté en interne, par un autre second couteau qui pense avoir ses chances. Au PS, c’est Mayer-Rossignol (encore moins charismatique que Faure) et Vallaud, chez les Verts, c’est Sandrine Rousseau. Sans compter tous les représentants de chapelles, qui estiment que leur positionnement idéologique doit être présent dans le débat, et que ça passe nécessairement par leur candidature.
C’est sans doute très noble et juste de privilégier le collectif sur l’individualisme, mais en termes pratico-pratiques, c’est se tirer une balle dans le pied sur la ligne de départ d’un marathon. Or, le but d’un parti politique, c’est d’arriver au pouvoir (seul ou en coalition) pour être en capacité de porter (éventuellement) des idées . En sélectionnant régulièrement des personnalités ternes, qui se ridiculisent, on ne risque pas d’avoir une quelconque influence, surtout dans une cinquième République centrée sur l’élection présidentielle.
Ou alors, l’autre hypothèse, c’est que le PS a complètement achevé sa mue en cartel d’élus locaux, qui a fait l’impasse sur le national. Dans ce cas, c’est parfait, continuez comme ça !
16 réponses sur « Le PS a perdu toute crédibilité »
Il y a longtemps, j’avais lu un édito politique du Monde, où l’auteur y expliquait que la nouvelle division de la société se faisait entre « Social » et « libéral ». Mais que cette division ne correspondait pas à des partis ayant des politiques différentes, Elle fracturait tous les partis.
Personnellement, à cette ligne de fracture j’y ajouterais une second ligne que je qualifierais de « immigrationniste » Vs « Nationaliste ». Suivant ces deux lignes de fracture il n’y a qu’un seul parti politique qui a une position claire. C’est LFI qui est « social-immigrationniste ».
Côté PS, sa position aurait dû se clarifier avec la création de « En Marche ». Le PS aurait alors dû avoir un positionnement du même type que LFI, en moins dogmatique. Alors que EM aurait dû prendre le positionnement « libéral immigrationniste ». Sauf qu’une partie des libéraux-immigrationnistes (par ex. Hollande) sont restés au PS. Alors qu’EM récupérait des « libéraux nationalistes » en provenance de LR. C’est ce courant qui au final est devenu majoritaire dans ce qu’est aujourd’hui « Renaissance ». De ce fait les ex-socialistes font un retour au bercail. Ce qui augmente les tensions au sein du parti.
A cela s’ajoute le fait que ce n’est plus l’élection présidentielle qui est importante en France. Je pense en effet que cette vision est dépassée. C’est devenu le combo présidentielle + législative.
Donc, pour le PS la question est « simple »: Si le PS envoie un candidat aux présidentielles, il se crashera dans tous les cas. Et, sachant qu’il faudra une alliance « à gauche » pour les législatives comment obtenir dans ce cas là qu’elle permette au PS de conserver un certain niveau de visibilité? Pour les verts c’est exactement le même dilemme. Et s’ajoute le fait que plus il y aura de candidats à la présidentielle « à gauche », moins les candidats (hors Mélenchon) auront de chance d’atteindre les 5%.
Donc, la logique voudrait que, en dehors de LFI, les différents partis finissent par exploser jusqu’à arriver à reformer 4 grandes structures couvrant chacune de manière claire les 4 possibilités créées par les deux lignes de fracture dont je parlais au début.
Tant que cette situation ne se crée pas, cela restera le bordel tant à gauche qu’à droite. Parce que, même si le psychodrame est moins visible à LR ou à EM, il existe aussi.
Moyen chaud pour l’émergence d’un parti social-nationaliste, perso.
Le parti social-nationaliste (et pas l’inverse ;-)) existe déjà, c’est le RN. Alors que Reconquête est liberal-nationaliste.
a+b = b+a
merci à vous de confirmer les plus élémentaires des mathématiques
Traiter le RN de nazi est un insulte non seulement à des millions de français, mais aussi et surtout aux victimes du vrai nazisme.
Les électeurs du RN vont être déçus quand ils verront que ce ne sera ni social, ni nationaliste.
Un peu comme ceux qui votent PS en se disant qu’il y aura une politique de gauche ou ceux qui pensent que LFI fera une politique de rupture économique au sein de l’UE.
il est vrai que les « yakafokon » sont plus facile quand on est dans l’opposition qu’aux responsabilités…
Oui, et au pouvoir, la dictature du réel s’impose quand on a pas pris en compte la dimension économique. Pour ma part, je ne vois que des partis étatistes, donc socialistes. Le seul qui prône des idées libérales, reconquête mais ça me semble plus de la posture qu’un programme bien établi.
Quoiqu’on en pense, Mélenchon vient de lancer sa campagne avec un grand meeting, et le reste de la gauche est visiblement à la ramasse.
Leur problème, c’est que Mélenchon est très nettement le seul à y croire.
Si d’autres candidats y vont, ce ne sera que pour le faire perdre.
En temps normal, on peut très bien aller à la présidentielle en sachant qu’on a aucune chance, juste pour faire avancer ses idées.
Quelles idées ont-ils ?
Tant que le PS n’a pas de réponse, il ne servira à rien.
Ca paraissait impensable il y a peu, mais l’hypothèse d’un deuxième tour opposant LFI et FN est devenue aussi vraisemblable qu’une autre. Que ferez-vous alors ? Sur quels critères ?
Ces deux partis ont en commun de ne pas avoir de programme économique.
Conséquence : explosion stratosphérique de la dépense publique, cataclysme économique. Éliminés pour la suite.
Donc, lequel faut-il éliminer le plus rapidement ?
LFI, selon moi.
L’agonie sera moins longue.
Plutôt Hitler que le Front Populaire ?
Niveau économie, peut-on rappeler le bilan de Bruno Lemaire et des soi-disant experts au pouvoir depuis que Macron est aux commandes ?
Le bilan économique de Macron est un désastre.
On peut faire pire, certes, mais la critique des programmes économiques a peu de chances de rencontrer un écho dans l’électorat.
Hitler, rien que ça! Point Godwin atteint très rapidement….
On peut dire de MLP et JB qu’ils sont inexpérimentés, incompétents, démagogues, tout ce qu’on veut, mais les traiter de nazi est grotesque et irrespectueux pour les vraies victimes du vrai nazisme.
Pas besoin de véritable programme économique: Ils ne maitrisent pas leur monnaie, ne maitrisent pas leur frontières, ne maitrisent pas les accords commerciaux, et potentiellement bientôt la législation des États membres ne pourra pas aller au delà de ce que prévoit la législation européenne.
L’explosion de la dépense publique n’a pas attendu LFI ou le RN. Elle a très fortement explosé sous les mandats du Mozart de la finance. Avec le nombre de personnes inactives, le nombre de tentative d’homicides, des inégalités, etc
Ajoutez que le conseil constitutionnel peut censurer toute loi en se basant sur des concepts flous issus du préambule de la constitution et des principes qu’il dégage lui-même. Bref, les élus sont impuissants.
C’est clair et net que le PS n’est pas du tout en ordre de bataille pour la présidentielle. On va encore se retrouver avec un ersatz d’Hidalgo qui ne vantera qu’une politique de bobo parisien et qui fera 2% au final.