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Le PS, zombie de la présidentielle

Le premier débat de la primaire du PS a eu lieu et a surtout dévoilé l’état de mort cérébrale de ce parti. On le savait, on en a la preuve. Quand un parti est incapable de dégager « naturellement » un candidat pour porter ses couleurs, c’est mauvais signe, car c’est le coeur du rôle d’un parti politique : désigner et accompagner des candidats aux élections. Le recours à une primaire est souvent une catastrophe, car c’est le constat d’un échec interne. Elle permet de révéler en public l’ampleur des déchirures internes, parfois le vide intellectuel du parti, pour au final, désigner un candidat qui ne sera soutenu par les autres que du bout des lèvres, s’ils ne lui plantent pas des couteaux dans le dos. On a maintenant suffisamment de recul pour le savoir.

L’état des lieux au PS donné à voir par ce début de primaire est alarmant, et malheureusement conforme à ce qu’on pouvait attendre d’une primaire.

Le processus n’est absolument pas maitrisé, comme le montre l’éviction surprise, à la dernière minute, de Philippe Brun. Il semble s’être passé des choses entre lui et son ancienne assistante parlementaire, mais on ne sait pas précisément quoi. C’est un coup de fil passé à minuit moins dix, qui détermine la décision prise le lendemain matin. Même si la justice a refusé de s’en mêler, c’est pas joli, car cela montre le PS comme une pétaudière, avec des coups fourrés. C’est alarmant, parce que jusqu’ici, les procédures sont quelques chose que les apparatchiks socialistes maitrisaient bien. Si même ça, ils ne savent plus faire…

Le processus de filtrage a également échoué sur un autre point. Le premier débat a montré que Ségolène Royal n’a pas changé, et conserve une capacité à détruire absolument hallucinante. S’il y en avait une à ne pas faire entrer dans le processus, c’est bien elle, car elle ne cherche que sa gloire personnelle, mais ne représente absolument pas une candidate crédible.

Sur le fond, le premier débat a montré que le seul enjeu est le ralliement (ou pas) à LFI, le reste n’a aucune importance. Certes, le PS s’est doté d’un programme (très inégal) mais il n’en a guère été question, et le clivage est entre ceux qui sont prêts à aller à la soupe chez Mélenchon pour sauver les postes de député (Olivier Faure) et ceux qui détestent tellement Mélenchon, qu’ils sont prêts à une forme de suicide politique pour l’empêcher de gagner (Glucksmann). Tout tournait autour de LFI, la partie du débat autour de la Palestine, qui n’est absolument pas un enjeu de l’élection présidentielle, n’était destiné qu’à se positionner par rapport à LFI, et se faire délivrer des brevets de pureté idéologique. Fallait-il montrer ça à la télévision devant des millions de téléspectateurs ? Ces séquences abîment la politique dans son ensemble, car ce qu’on voyait, c’est juste la gauche qui se parlait à elle-même, excluant une part importante de l’électorat, que les candidats à la primaire n’ont pas absolument pas cherché à toucher. Ce n’est pas comme cela qu’on fait une campagne présidentielle.

Tout cela va mener à un échec retentissant. Une élection présidentielle se prépare très en amont. Il faut avoir désigné son candidat avant l’été qui précède le scrutin, pour avoir le temps d’organiser l’équipe et faire campagne. Toutes les grosses machines politiques, à commencer par LFI, sont déjà en route depuis longtemps, et font réellement campagne, et ça commence à se voir dans les sondages. Pendant ce temps, le PS expose en prime time à la télévision, sa nullité et ses querelles de cour de récréation. Une fois qu’ils auront désigné leur candidat, il pourra commencer à faire campagne, s’il n’est pas trop abimé par le déroulement de la primaire. L’opération est censée donner un élan, elle peut se transformer en boulet. De toute manière, il sera trop tard, les concurrents sérieux auront pris trop d’avance. L’enjeu sera alors de faire au moins 5%, pour espérer être remboursé, et ne pas mettre le PS sur la paille. Même ça, ce n’est pas gagné.

9 réponses sur « Le PS, zombie de la présidentielle »

« Ce qu’on voyait, c’est juste la gauche qui se parlait à elle-même, excluant une part importante de l’électorat, que les candidats à la primaire n’ont pas absolument pas cherché à toucher. Ce n’est pas comme cela qu’on fait une campagne présidentielle. »

Bah c’est un peu le principe d’une primaire, quoi.
Règle numéro 1 du marketing, quel que soit le secteur d’application : 1 message, 1 cible, 1 canal.

Ca n’enlève en rien la justesse du propos de ce billet par ailleurs, mais on est pas non plus obligé de faire feu de tout bois.

Le problème c’est tout l’électorat le voit!
Et ca peut faire perdre plus a la présidentielle que ce qu’on gagne aux primaires.

Par ailleurs, je ne suis pas d’accord sur Royal : OK elle est naze, mais a part y a qui a mettre dans la primaire, question poids politique ?
Hollande ? Belkacem? Taubira?

Mon impression, c’est qu’il n’y a que 2 candidats réels : Glucksmann, et Faure.
Et Faure est le candidat de ceux qui veulent maintenir ouverte l’option d’une union de la gauche. Je pense même qu’il y a de fortes chances d’avoir un scénario où Faure se retirerait au profit de Mélenchon en échange d’un accord solide pour les législatives.
Tondelier va se retirer de toute façon. Elle penche pour Glucksmann, mais elle n’aurait pas le choix que de suivre Faure dans un tel scénario.
Aussi improbable que cela puisse paraître aujourd’hui, si Glucksmann n’arrive pas à emporter cette primaire, cela pourrait déboucher sur Mélenchon en candidat unique de la gauche.
Et je pense que le moment Glucksmann est passé. Il ne manque pas de candidats ayant fait des scores inespérés aux européennes et qui ont fait pchitt par la suite. Au moment de la présidentielle, cela fera 3 ans, c’est très loin.
Pour ce qui est des militants PS, autant la perspective d’avoir un candidat au 2nd tour avec de bonnes chances pouvait les attirer vers Glucksmann, autant si c’est pour faire à peine 5%, l’enthousiasme risque de manquer…
D’autant qu’il faudra bien faire élire des députés socialistes ensuite.
Glucksmann est pour l’alliance au centre.
Sauf que Faure sait très bien que ça ne fonctionnera pas pour élire des députés PS. Les circos où le PS soit devant les macronistes et où il ait plus besoin d’eux pour être élu plutôt que du reste de la gauche, j’en vois très peu.

Je me rappelle d’une primaire qui avait fait émerger un candidat qui faisait consensus : François Fillon – La suite, on la connaît.

On la connaît: on a découvert qu’il était malhonnête et on a découvert plus tard qu’il était prêt à pactiser avec notre ennemie.
Franchement la Droite mérite mieux que lui.
Mais bon peut-être vraiment prouver à chaque élection qu’elle est la plus bête du monde.

Le pb c’est pas la primaire – en soi intéressante – mais à quel point les « apparatchiks » du PS semble vouloir discréditer un exercice censé être démocratique. L’unique but du truc semble être de vouloir donner à M. GLUCKSMAN une « légitimité » (ou le magot du PS ?) à représenter « la gauche » alors que c’est tout sauf cela qui devrait en sortir. A mon sens, les élus du PS cherchent à se saborder eux-mêmes, peut être pour rester dans le rôle de l’opposition et dans le même temps, tout faire pour enlever à M. MELENCHON les voix qui lui manquent. Le souci étant que çà risque de finir par convaincre les électeurs à voter direct pour le candidat le mieux placé, tant il apparait évident que le but de la primaire n’est pas un échange démocratique, mais bien d’installer M. GLUCKSMAN. Chose attendue des journalistes qui ne prennent même pas de gants. GLUCKSMAN est d’ors et déjà le « candidat » retenu par PS/PP.

La droite, comme le PS, sont exactement dans le même état. Après le mandat catastrophique de Sarkozy, l’UMP, s’étant retrouvé dans l’impossibilité de renouer avec les succès électoraux, a fini par exploser. Aujourd’hui, la droite est divisée en plusieurs partis, mais aucun ne veut remettre en cause le bilan de Sarkozy, et continuant à s’entêter dans cette voie, elle a fini par ne plus du tout intéresser les électeurs.
Le PS, c’est un peu pareil. Hollande avait été élu sur les promesses d’une politique économique socialiste, et au lieu de ça, il a très vite trahi ses électeurs. La sanction dans les urnes est tombée immédiatement, et le député PS étant un peu moins lèche-cul que le député UMP, la fronde est arrivée avant même la fin du mandat. Suite à ce fiasco, le parti a fini par tomber sous la barre des 5%, et Glucksman, étant le seul à admettre que le PS est responsable de sa propre perte, a réussi à redorer un peu l’image. Mais la pente est encore loin d’être remontée, surtout que l’an dernier, les députés socialistes ont montré qu’ils étaient encore prêts à trahir leurs électeurs dès la première occasion.

Aujourd’hui, le PS est à un carrefour où il a le choix entre deux directions :
– soit il suit Glucksman et choisit d’aller occuper l’espace laissé libre à droite. Ça nécessite un combat, mais ça peut fonctionner.
– soit il suit Faure et continue la gauche plurielle, car sans LFI qui a déjà siphonné une bonne partie des électeurs de gauche, c’est impossible de gagner en solo.

Pour moi, si la gauche veut gagner, ça ne se fera ni par Glucksman, ni par Faure, ni par Mélenchon, mais par un candidat plus neutre qui fera consensus entre les deux partis comme Eric Coquerel.

Concernant Philippe Brun, il est vrai que la méthode est dégueulasse, il aurait mieux valu qu’il se ramasse une claque des électeurs, mais son éviction est plutôt une bonne nouvelle pour le parti. Ça montre qu’ils sont prêts à se débarrasser de ces infiltrés qui peuvent foutre la merde à n’importe quel moment.
Et pour Ségolène Royal, c’est comme Sarkozy, il faudra qu’elle se ramasse une bonne claque pour qu’on en soit enfin débarrassé, encore que, même après, ceux-là veulent toujours montrer qu’ils existent.

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