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Une sourde inquiétude

En cette fin d’été, les taux d’intérêts de la dette française ont encore augmenté. On est à 4,10% et on est en train de dépasser l’Italie. Et cela semble parti pour continuer, montrant une inquiétude des marchés financiers qui finira par se matérialiser symboliquement par une dégradation de la note de la France par les agences financières.

La rentrée politique bat son plein, la campagne présidentielle est lancée, et elle va avoir la priorité sur tout le reste. Pourtant, il reste encore un budget à voter.

Tout le monde à intérêt à ce qu’un budget soit adopté. L’inspection générale des Finances a sorti un rapport, montrant clairement tous les problèmes posés par l’absence de budget. Comme la présidentielle et de probables législatives interviendront au printemps, le camp victorieux pourra faire adopter, en juillet, un projet de loi de finances rectificatif (avec effet rétroactif), donc pourra mettre un budget adopté en fin d’année à sa sauce. Mais personne n’a intérêt, dans la majorité ou l’opposition, à ce qu’il y ait un vote (sur le budget ou sur une motion de censure post-49.3), car on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. Les compromis de 2025 et 2026 (un accord de la non censure avec les socialistes) ne sont clairement plus d’actualité.

Tout converge pour que le processus budgétaire se termine fin décembre, par le recours à des ordonnances « article 47 de la Constitution », qui permettent de mettre en œuvre le texte initial du gouvernement. Il y a fort à parier que ce texte ne sera pas très courageux, et ne contiendra pas les mesures nécessaires à la résorption du déficit. Il y a également fort à parier que les débats parlementaires seront lunaires, car chaque camp va s’en servir pour dérouler son programme, avec l’adoption d’amendements délirants, comme cela s’est passé les années précédentes. On peut même, comme en 2024 et 2025, avoir un gouvernement renversé à l’occasion de l’examen budgétaire, ou juste après la promulgation des ordonnances. Plus rien ne me surprend, depuis la dissolution de 2024.

On peut donc craindre que nos prêteurs, déjà pas bien rassurés fin août, sortent encore plus inquiets de la période budgétaire, en constatant que les réformes et économies réclamées ne sont pas au rendez-vous.

Ma crainte est que ces prêteurs n’attendent même pas la fin du cycle électoral, pour manifester encore plus brutalement leur inquiétude. Surtout si dès le mois de février-mars, les sondages laissent apparaitre que le second tour de la présidentielle pourrait être un duel Le Pen-Mélenchon. Un cauchemar pour bien des citoyens français, mais également pour tous nos partenaires et nos créanciers.

Que se passe-t-il si, au printemps, une levée de dette française n’est pas suffisamment souscrite, ou si le taux demandé devient prohibitif ? On sait les marchés financiers capables de paniquer, avec un comportement très moutonnier. On connait aussi les interdépendances économiques avec nos voisins et partenaires, à commencer par une monnaie commune. Jusqu’où tout ce petit monde peut laisser la France s’enfoncer dans le chaos politique et économique ? Nous n’avons plus aucune marge de manoeuvre, nous sommes à la merci du moindre « accident ». Peut-être qu’un problème international (comme Trump sait les provoquer) peut arriver encore avant, et provoquer un choc externe.

Je suis inquiet. La France est dans un état d’extrême fragilité, comme un malade qui souffre d’une grave immunodépression, et qui est à la merci du moindre virus.

3 réponses sur « Une sourde inquiétude »

Autre possibilité de catastrophe internationale : une attaque russe sur les pays baltes.
Dans le genre fracture sur la participation à une guerre, on ne ferait guère pire.
Si on tient jusqu’en novembre, il y a de bonnes chances pour que les démocrates reprennent le Congrès, ce qui devrait pas mal occuper Trump sur le plan intérieur.

Je verrais davantage une attaque de Taïwan par la Chine. Je doute que la Russie ait en ce moment la capacité militaire et logistique de faire autre chose que la guerre en Ukraine.

On sait avec certitude que la russie n’avait pas les moyens d’envahir l’Ukraine, cela ne l’a pas empêché de le faire.
Et si l’OTAN , y compris les usa de Trump, fait autant de démonstrations de force au moment même où la russie augmente ses attaques contre nous ce n’est peut être pas pour rien.

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