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Surveillance et Libertés, ne nous trompons pas de combat

L’actualité nous réserve parfois des télescopages fortuits, mais finalement très révélateurs. Le gouvernement français présente ce lundi 19 juillet un projet de loi poussant à l’obligation vaccinale, et un autre portant « diverses mesures de sécurité » rétablissant des dispositions censurées par le conseil constitutionnel pour atteinte aux libertés. Dans le même temps, plusieurs titres de presse, dont Le Monde, révèlent un scandale de surveillance des téléphones portables, rendu possible par une technologie à la portée de nombreuses dictatures.

Pour commencer, aucune des deux annonces n’est réellement une surprise. Les forces de sécurité et les services d’espionnage sont toujours en quête de davantage d’outils, techniques et juridiques, pour faire leur métier. Quand elles les obtiennent, elles s’en servent, peu importe leur légalité. Pas vu, pas pris, et si pris, on verra et on fera valider par une loi, avec aucune condamnation à la clé. Les révélations de Snowden, en 2013, sur l’ampleur de l’espionnage américains, n’ont eu finalement que des répercussions assez faibles au regard de l’ampleur du scandale.

Le fond du problème n’est donc pas l’existence de ces technologies intrusives ou de législations sécuritaires. Quoi qu’il arrive, elles existeront, et dans certains cas, elles sont nécessaires. Le vrai sujet est la capacité des citoyens à fixer les bornes considérées comme acceptables, à vérifier qu’elles ne sont pas franchies, et si elles le sont, à faire en sorte qu’il y ait des sanctions réelles, qui fassent mal, et dissuadent (un peu) les coupables, de récidiver.

Le vrai combat pour les Libertés fondamentales doit porter sur l’institution de contrôleurs bénéficiant de vrais moyens (pas comme aujourd’hui) et de la confiance des citoyens, garantissant que, si des libertés ont été un peu piétinées, c’était vraiment pour « la bonne cause ». Que les téléphones de djihadistes soient écoutés, afin d’éviter un attentat, ça ne choquera personne. En revanche, que des lois prises pour lutter contre le terrorisme servent à empêcher des actions militantes et politiques « normales », cela m’interpelle.

Pour que ce contrôle soit accepté, il faut également que la fixation des limites fasse l’objet d’un véritable débat démocratique, et que les gouvernants écoutent réellement ce qui remonte du pays, y compris quand cela ne correspond pas à leurs positions.

Je suis très favorable à la vaccination contre le covid-19 (et j’ai eu mes deux doses) et je considère que les possibles risques sont négligeables, au regard de la protection que le vaccin m’apporte personnellement, et apporte collectivement, par le biais de l’immunité collective. Mais qu’on trouve 100 000 personnes, un samedi de juillet, pour manifester en France contre l’obligation vaccinale, cela m’interpelle. Même si je suis en désaccord profond avec leur position (et notamment certains de leurs arguments particulièrement indécents), elle ne peut pas, pour autant être mise sous le tapis et ignorée. Le débat politique doit écouter tout le monde (même si c’est pour trancher dans un sens précis, in fine) afin que la décision qui ressorte de ce débat soit la plus acceptable.

Le combat pour les Libertés publiques est donc avant tout un combat citoyen et démocratique, pour fixer les limites, et se doter des outils pour les faire respecter. C’est malheureusement là dessus, tant pour la capacité à débattre qu’à mettre en place des tiers de confiance, qu’on est le plus à la ramasse…

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L’individualisme est la clé de la campagne de 2022

Notre société est marquée par la montée de l’individualisme, qui prend de plus en plus le pas sur le collectif. C’est une clé majeure pour comprendre bien des évolutions sociétales et politiques actuelles, et pour comprendre ce qui pourrait se passer en 2022.

La question n’est pas anodine, car ce sujet du « vivre-ensemble » est majeur, voire fondamental. L’homme est un animal social, donc amené à vivre en société, mais en même temps, la relation à l’autre est tout sauf simple et sereine, que cet autre soit proche (la famille, les voisins…) ou lointain. L’équilibre entre liberté personnelle et contrainte collective est constamment en tension, avec des réponses très diverses au fil du temps. C’est justement cet équilibre qui est en train de bouger à très grande vitesse.

Depuis les années 60, nous vivons une évolution qui pousse toujours plus loin la place de la liberté individuelle face aux contraintes collectives. De plus en plus de gens, notamment chez les jeunes, privilégient leur vie personnelle au détriment de leur appartenance à un collectif. D’où une série de mutations sociales et sociétales assez impressionnantes, notamment par leur rapidité. Comprendre cela est le premier pas pour comprendre la société de demain, vers où elle va, ce qui va se développer ou à l’inverse, va s’éteindre. Il est illusoire de croire qu’il est possible d’aller contre ce mouvement. C’est une lame de fond.

L’individualisme amène à remettre en cause les appartenances collectives « imposées », celles où l’individu n’y trouve aucun intérêt, voire pire, des entraves à sa « liberté ». Cela ne signifie pas une disparition du collectif, car l’homme reste un « animal social », mais juste une réorganisation des fondements, donc, par ricochet, de la gouvernance. Il faut désormais que l’individu soit convaincu que son intérêt (qui peut être très divers) soit de faire partie d’un collectif, exigeant de pouvoir en partir, si cet intérêt diminue ou cesse. Le poids de la prise en compte des intérêts collectifs va en diminuant, et les institutions sont de plus en plus questionnées sur leur utilité, l’argument d’autorité ou « d’évidence » étant de moins en moins audible. Nous sommes de plus en plus dans une société de « passagers clandestins ».

Ce mouvement entraine un changement profond dans la sphère politique. La revendication qui domine n’est plus une transformation idéologique du monde, mais la reconnaissance, pour chaque groupuscule, de sa singularité, et donc de droits supplémentaires (ou de passe-droits) en sa faveur. La notion d’intérêt collectif perd tout sens, surtout si elle heurte une revendication communautaire. C’est comme cela qu’il faut lire la revendication des antivaccins : L’intérêt collectif, à savoir éteindre la pandémie par l’immunité collective, ne pèse pas lourd face à l’atteinte à leurs croyances, que représente l’obligation vaccinale. On pourrait trouver plein d’exemples de ce type. C’est devenu le point structurant du débat public.

Cela s’accompagne d’un refus radical des rapports de domination. Tous les mouvements qui émergent, de #MeToo aux mouvements inclusifs, traduit un refus d’accepter que certaines personnes puissent exercer une domination sur d’autres (à titre individuel ou collectif), et les faire souffrir. L’heure est à l’égalité radicale, où tous, même les plus faibles, ont une égale dignité, et des droits dont ils revendiquent le respect. Cela provoque des chocs violents, car cela remet en cause des hiérarchies, des positions de pouvoir.

L’autorité ne fonctionne plus. Ou alors, il faut qu’elle soit accompagnée de coercition, ce qui la fragilise à terme, au prix d’une efficacité à court terme. Cela touche notamment les autorités politiques, qu’elles soient institutionnelles ou militantes. Si les élus et décideurs sont aussi coupées de la population, et en particulier de la jeunesse, c’est parce qu’ils n’expliquent pas, de cherchent pas à susciter l’adhésion à un projet positif. Car les jeunes sont avides d’agir et de s’investir, mais pas selon les modalités qui leur sont proposées actuellement. Et pas nécessairement pour un projet « collectif » à l’échelle d’un pays. Désormais, ils s’investissent au sein de communauté, plus ou moins réduite, et défendent des projets, qui consistent à avant tout à privilégier des préférences individuelles face à des contraintes imposées par un collectif auquel ils ne se sentent pas appartenir.

L’élection présidentielle de 2022 sera traversée par cette problématique. Les Français ne sont peut-être plus tous en attente de grands projets de transformation idéologique de la société qui embarquent tout le monde. Ils attendent plutôt que l’État, en plus de garantir le modèle social (en clair les aides publiques), fassent en sorte que chaque communauté, voire chaque individu puisse être « reconnu » et « respecté » pour ce qu’il est, et que la « société » lui impose le moins d’obligations et de contraintes possibles.

Sans que l’on n’y prenne garde, la France pourrait devenir le nouveau laboratoire des libertariens, dont l’offre idéologique (sauf pour le modèle social) correspond finalement aux attentes d’une partie grandissante de la société.

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Les revers de la « presse indépendante »

Le journal en ligne Reporterre vient de publier ses résultats, et se félicite d’être « rentable » c’est à dire de couvrir ses coûts grâce aux dons et cotisations de ses membres, et donc d’être enfin « indépendant ».

Dans cette présentation, le fondateur, Hervé Kempf, se pose en alternative face aux « oligarques néo-libéraux » que sont les Bolloré et consorts, se félicitant d’être à l’abri de toute pression d’entreprises ou d’intérêts financiers.

Cette vision est très biaisée, voire fausse, car personne n’est indépendant. En fait, comme Médiapart, Reporterre dépend totalement de ses lecteurs, et doit donc leur donner satisfaction, sous peine de disparaitre. C’est donc tout sauf de l’indépendance, car les lecteurs de ces titres de presse en ligne en attendent surtout un traitement de l’information qui conforte leurs opinions.

Même si ces titres font leur travail « dans les règles de l’art » sur le plan technique, le problème se situe dans le choix des sujets et l’angle de traitement. Cela en fait des journaux militants, qui véhiculent et alimentent une certaine vision du monde (il y a de droite comme de gauche) assez tranchée. Ce n’est pas un hasard si nombre de ces titres « indépendants » de gauche sont écrits en langage dit « inclusif », qui est la marque d’un engagement politique marqué.

En cela, ils ne sont pas des médias « d’information » au sens où je l’entends. Ce que j’attends d’un journal, c’est qu’il me donne, sur le plus de sujets possibles, les faits, et expose les différentes interprétations ou lectures possibles, même si elles sont antagonistes, voire contradictoires. A moi, ensuite, de me faire mon idée.

Cela demande de gros moyens, des effectifs conséquents, et une éthique qui interdit aux journalistes de se faire les porte-paroles et les relais de leurs propres opinions. On me dit que dans des temps anciens, que je n’ai pas connus, Le Monde s’approchait de cette définition. Aujourd’hui, cela semble plus compliqué, le nombre de titres de presse « intellectuellement honnêtes » se réduit considérablement, et si quelques bons articles sont produits, la teneur générale de leur journal leur fait perdre une part de crédibilité.

Si notre société va mal, c’est aussi, en partie, parce que les médias ne font pas correctement leur travail, en ce sens qu’ils répondent (parce que ça les arrangent) à ce qu’ils croient être les attentes de leurs lecteurs.

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Une société qui se dépolitise

Une note de la fondation Jean-Jaurès, cherchant à comprendre le niveau d’abstention aux élections locales de 2021, met le doigt sur un point crucial et extrêmement juste. Notre société vit un repli sur soi des individus, qui de désinvestissent du collectif. Un phénomène qui va bien au delà de la politique.

Ils mettent en lumière ce qu’ils appellent une rupture anthropologique, où une majorité de français se replient désormais vers leur intérieur et se consacrent en priorité à leur bien-être personnel. Les loisirs sont devenus des pratiques individuelles, ou en « cercle familial » comme le visionnage de séries ou la navigation sur internet. Le but de nombre d’activité est d’apporter du bien-être (le sport est désormais vécu comme cela). Dans le même temps, toutes les structures qui créent du collectif s’affaiblissent. Les responsables associatifs sont bien placés pour s’en rendre compte, c’est de plus en plus difficile de trouver des bénévoles qui donnent du temps pour des tâches concrètes, dont ils ne retirent aucun avantage à titre personnel, si ce n’est la satisfaction d’avoir faire avancer une cause qui leur tient à cœur.

La politique est victime à plein de cette évolution. L’électeur est de plus en plus consumériste, refusant les schémas globaux d’explication, et demandant une offre « sur-mesure », correspondant à ses goûts et ses attentes, en refusant de plus en plus les compromis. L’étude fait une comparaison assez pertinente, avec les syndicats de copropriété. De plus en plus, les citoyens se désinvestissent de la gestion au quotidien, et ne se déplacent qu’une fois tous les cinq ans, pour désigner le syndic de la copropriété « France », en lui délégant tous les pouvoirs, et en le virant la fois d’après, car ils n’en sont pas satisfaits.

Ce constat est inquiétant, mais est partiel, car comme toujours, on voit ce qu’on perd, mais on n’est pas en mesure de discerner ce qu’on gagne. La société française ne s’écroule pas, elle évolue. Il faut donc essayer de voir comment il est possible d’inventer de nouvelles formes de faire du collectif, de nouvelles manières de faire participer les citoyens à la gestion du bien commun. C’est là que la comparaison avec la copropriété est pertinente, car même si on ne sent pas en phase avec ses voisins, on est bien obligé de trouver une solution pour réparer la colonne d’eau qui fuit, ou repeindre la cage d’escalier quand elle devient vraiment minable.

Plutôt que de chercher à réparer ce qui est en train de tomber en ruine en cherchant à réanimer des « grands récits fédérateurs », mieux vaut partir, de façon pragmatique, sur la manière dont les gens fonctionnement. Il sera bien temps, plus tard, de conceptualiser tout cela (une maladie bien française, soit dit en passant).

La politique se réinventera par le concret, par l’obligation de trouver des solutions aux problèmes matériels posés par l’obligation de vivre ensemble. Il faut sans doute faire le deuil d’un vivre-ensemble basé sur un « destin commun » ou une communauté de pensée religieuse ou philosophique. Tout cela est moribond et appartient au passé. Certes, il y aura des désaccords, des visions du monde différentes, mais elles ne viendront plus à priori, comme un schéma général s’appliquant à tout.

Cela passe aussi par de nouvelles manières de travailler et « faire de la politique », où les élus actuels sont en fait des gestionnaires, comme les syndics de co-propriété, à qui on demande que le boulot soit fait, que les fuites soient bouchées et que les poubelles soient régulièrement sorties. C’est comme cela que je lis l’effacement des clivages politiques, et le fait que le « en même temps » d’Emmanuel Macron, qui est un non-sens pour les gens politisés, soit passé comme une lettre à la poste chez une majorité de français.

Nous sommes entrés dans une ère finalement très libérale, où l’équilibre entre la sphère privée et la sphère publique est drastiquement revu, au profit de la sphère privée. Il faut en prendre acte, et revoir clairement à la baisse les ambitions pour le « vivre-ensemble » qui devient d’abord et avant tout un moyen pour que chacun puisse vivre comme il l’entend, sans qu’on se tape dessus. Les élus locaux l’ont parfaitement compris, avec une vague sans précédent de désaffiliation lors des dernières municipales. Beaucoup de maires sortants ont fait campagne sur leur nom, leurs projets concrets, en gommant largement leur étiquette partisane.

C’est une évolution qui heurte les « intellectuels » commentateurs habituels de la vie politique, car elle va à rebours de leurs grilles d’analyses. Et surtout, elle va à rebours de leurs intérêts, car ils ne servent plus à grand chose dans une société qui se dépolitise à grand pas, et attend de ses élus, non par des grands soirs, mais une maison propre et bien tenue.

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Regarder l’abîme démocratique qui croit

Les élections régionales et départementales de 2021 ont encore un peu plus creusé le fossé entre la population française et sa classe politique. Le désamour n’a rien de nouveau, il dure même depuis plusieurs décennies, avec des causes connues, des étapes identifiées.

Depuis les années 70 et la crise économique, un choix politique a été fait par les élites urbaines et éduquées de se protéger, en sacrifiant les plus faibles, ceux qui n’avaient pas accès au pouvoir, à savoir les classes populaires. Une décision qui montre une réelle fracture dans la communauté nationale. Cela a donné le choix très français de garder un chômage de longue durée massif, qui a frappé les populations ouvrières, frappées par la désindustrialisation. Dans les années 70, le schéma politique était assez clair, la droite soutenant cette politique, la gauche s’y opposant. En 1981, la gauche est arrivée au pouvoir, et dès 1983, elle s’est ralliée à la politique de la droite. Une première trahison pour les classes populaires. Les succès électoraux de Jean-Marie Le Pen débutent aux Européennes de 1984. Absolument pas un hasard. A l’époque, ce n’est pas tant une adhésion politique, qu’une réaction a ce qui est un abandon en rase campagne, des classes populaires, par leur parti politique.

Les années 80 et 90 ont été ponctuées par des alternances, où finalement, les politiques menées ne changeaient pas beaucoup. C’est une période où aucun gouvernement n’était reconduit, avec parfois des claques mémorables, comme en 1993 pour la gauche. Cela aurait déjà dû alerter sur le désarroi, et le désamour des électeurs pour une classe politique sur laquelle ils n’ont, finalement aucune prise, car quel que soit le résultat, c’est globalement la même politique qui est menée.

La période a été aussi marquée par des coups de poignards dont les électeurs gardent longtemps la mémoire. C’est Jacques Chirac qui fait campagne sur la « fracture sociale » avant de nommer Juppé à Matignon, avec une feuille de route très libérale. C’est ce même Jacques Chirac, qui réélu massivement en 2002, avec des voix de gauche, ne se considère comme absolument pas tenu de « remercier » cet électorat, et commence ainsi à creuser la tombe des « fronts républicains ».

C’est enfin l’escroquerie démocratique du référendum de 2005, où les électeurs français disent très clairement leur rejet de l’ordolibéralisme européen, et se le voient imposer quand même.

Après toutes ces séquences, comment avoir encore confiance, comment continuer à se dire que voter sert à quelque chose ? Je comprend les abstentionnistes.

Ce qui a changé en 2021, c’est le niveau exceptionnel de cette abstention. Certes, il y a une conjonction des astres assez exceptionnelle : une sortie de confinement où les français n’avaient pas la tête à ça et des élections locales qui sont celles qui mobilisent le moins. Il n’empêche qu’un cap est franchi, car le niveau de participation est tellement faible que, par endroit, le résultat de l’élection pouvait réellement être influencé par un groupe militant capable de se mobiliser exceptionnellement. On atteint le niveau où le risque d’insincérité du scrutin est réel, ce qui est dévastateur pour la démocratie. En effet, le but de l’élection est désigner, mais surtout, de légitimer les dirigeants. Si cette dernière fonction n’est plus remplie, cela provoque la paralysie du système décisionnaire.

Le problème est parfaitement identifié, pas besoin de mission d’information parlementaire. Le système démocratique française souffre d’un problème d’offre, à la fois sur les programmes et les idées, où c’est le vide sidéral, que sur le personnel politique, complètement discrédité. Même Marine Le Pen est désormais incluse dans ce rejet, son « recentrage » ayant eu pour effet de lui faire perdre son seul atout, celui d’incarner le point de résistance au « système ».

Le danger est que les français « jettent le bébé avec l’eau du bain » et perdent confiance dans la démocratie représentative. Pour l’instant, c’est une probabilité faible que la France bascule dans un régime autoritaire (du genre l’armée au pouvoir) mais ce n’est plus totalement impossible. Le recul de Marine Le Pen ouvre la porte à une reprise du rôle qu’elle occupe par des personnalités qui ne sont pas le champ politique. L’hypothèse Zemmour me fait rire, car cet individu, qui construit sa carrière et sa notoriété sur des postures provocatrices, n’a pas de relais profonds dans la société. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’armée, les hauts gradés venant de milieux sociaux bien identifiés, disposant de capital symbolique et économique significatifs.

Le fait est de plus en plus évident que l’actuelle classe politique n’a strictement plus rien à proposer. Macron a pu représenter une alternative intéressante (c’est vrai qu’après le fiasco Hollande, ce n’était pas compliqué) mais il a déçu. La gauche, est trop éclatée et sans leader un tantinet rassembleur, et à droite, on a en magasin le bien peu charismatique Xavier Bertrand, qui pour l’instant, est tout sauf disruptif. Je n’attends donc absolument rien des politiques en place, et c’est inquiétant, car il va bien falloir que quelqu’un prenne la place et dirige le pays.

Une phase d’inconnu total s’ouvre devant nous. Nous avons un corps électoral profondément insatisfait de ses dirigeants, qui est de plus en plus disposé à accepter des solutions qui mordent un peu sur le cadre démocratique, pourvu qu’elles appliquent les choix politiques demandés et soient efficaces.

Les Français ne demandent pas que l’on renverse la table, que l’on démolisse le modèle social ou que l’on sorte de l’Europe. Ils sont juste en attente d’une classe dirigeante qui ne se foute pas de leur gueule, qui écoute réellement les messages envoyés, et met en œuvre les orientations politiques demandées (quand bien même elles déplaisent aux élites parisiennes).

Celui qui sera capable de répondre à ce cahier des charges, de manière crédible, tient la clé de l’élection présidentielle de 2022. Sinon, on peut craindre le pire…

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Les évêques creusent la tombe du christianisme

Les évêques américains sont en train de décider de ne pas donner la communion aux personnes qui soutiennent le droit à l’avortement. Personne n’est dupe, c’est Joe Biden, président catholique des États-Unis qui est directement visé.

Cela m’interroge qu’une religion, fondée sur le message « aimez-vous les uns les autres » en vienne à utiliser le chantage à l’accès au sacré, pour contraindre un homme politique à se plier aux positions morales prônées par l’institution religieuse. Un comportement malheureusement pas isolé, mais plutôt assez répandu, dans l’église catholique, mais aussi chez certaines obédiences protestantes (évangéliques notamment). Ces institutions se veulent des prescriptrices de ce qu’il faut penser, de la manière d’organiser sa vie, en utilisant toutes les formes de chantages, à commencer par l’exclusion de la communauté, pour faire plier ceux qui sortent du rang. En plus de trahir le message originel (Jésus a davantage fréquenté les gens « infréquentables » comme les prostituées ou les collecteurs d’impôts, que les puissants), ces institutions le rendent insupportable.

Comment s’étonner que la fréquentation des églises soit en chute libre, que la transmission de la culture religieuse soit en train de s’interrompre en Europe ? En se posant en autorités de pouvoir, qui veulent avant tout encadrer et normer les comportements, les institutions religieuses sont en train de tuer le christianisme. En France, c’est déjà largement fait, le catholicisme étant devenue une sous-culture minoritaire assumée, avec ses codes et son jargon que seuls les initiés peuvent comprendre. Pour beaucoup de français, l’utilité « sociale » du christianisme, pour les mariages et enterrements, est en train de disparaitre. Le clergé se rend bien compte que s’il perd ce rôle dans les « rites de passage », c’en est définitivement fini de sa place dans la société.

Le christianisme est en voie de disparition, car la manière dont il est expliqué et vécu est de plus en plus en déphasage complet avec la société. Ses symboles ne sont plus compris. Les positions morales sur lesquelles se crispent les autorités religieuses, et sur lesquelles elles « crament » leur temps de parole, ne sont plus partagées par l’immense majorité de la population. Le discrédit qui les frappent les rend inaudibles auprès de 80% de la population.

Résultat, quand on demande aux croyants de choisir entre s’aligner sur ce que proclame le clergé, ou partir, ils choisissent la deuxième solution. Depuis les années 60 en France, ce choix est massif, et irréversible. En plus de partir, les parents ne transmettent plus, et très rapidement, c’est tout un pan culturel qui disparait. Il n’y a qu’à écouter les débats sur les religions et la laïcité pour être frappé par le degré d’inculture sur le phénomène religieux, sur la connaissance des symboles, voire tout simplement de l’histoire et de la théologie. Le dialogue n’est même plus possible.

Dans tout cela, c’est l’intransigeance des institutions religieuses, et en premier lieu du catholicisme, qui porte la plus lourde responsabilité. Ils ont vidé les églises, et continuent à la faire, alors même que le point de non-retour est sans doute déjà dépassé.

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La bulle médiatique Zemmour

Depuis quelques temps, les médias, dans leurs rubriques politiques, sont rabattent les oreilles avec la pseudo-candidature d’Eric Zemmour à l’élection présidentielle. Chacun y va son couplet, avec des analyses parfois longues, alors que tout cela n’est que du vide et du flan !

Voir ainsi les journalistes politiques envisager sérieusement cette option, et gloser sur sa stratégie (qui est avant tout une opération de promotion personnelle) me fait pitié… pour la presse française.

Nous sommes à un an de la présidentielle, la campagne n’est pas encore lancée. On sort tout juste la tête de l’eau des restrictions sanitaires, on peut enfin se promener dans la rue sans masque, l’été et les vacances arrivent. On ne va certainement pas s’intéresser maintenant à la présidentielle. Il sera bien assez temps, à la rentrée de janvier 2022, de voir où on en est, qui est sur les rangs, avec quel programme.

Tout ce qui se passe avant n’est que de la préparation n’intéressant que le microcosme politique, dont font partie les journalistes politiques de la presse parisienne. Cela fait maintenant de longs mois qu’ils ne pensent plus qu’à cela, et analysent tout à travers ce prisme. Il n’y a guère que les rumeurs de remaniement du gouvernement (ou mieux, de changement de Premier ministre) qui peut les détourner, provisoirement, de cette obsession.

La candidature d’Eric Zemmour est sans avenir, et n’adviendra pas, c’est une évidence pour qui connait un peu le monde politique. Il n’est soutenu par aucun parti, n’a pas de programme, et ne doit sa notoriété qu’à ses outrances verbales dans les médias, qui lui ont valu plusieurs condamnations pénales. Tout cela ne fait pas une stature politique. En revanche, cela l’identifie clairement comme un rouage du système médiatique, qui se nourrit de polémiques et de personnalités caricaturales.

Croire que les français peuvent se laisser abuser par cette baudruche est une erreur d’analyse. Un sondage a été réalisé, pour tester son niveau électoral. Résultat : 5,5% soit un score ridicule, au regard du potentiel qui lui est prêté à l’extrême droite. Il ne prend quasiment rien à Marine Le Pen (testée à 28% dans ce sondage). C’est surtout chez Nicolas Dupont-Aignan et un peu chez LR qu’il fait recette (chez les téléspectateurs de CNnews). Il fait autant que Jadot et Hidalgo, ce qui montre qu’à gauche, personne n’arrive à émerger, et que ce segment politique ne s’est pas remis de son effondrement de 2017.

Zemmour est juste là comme la « vedette américaine » dans les spectacles d’autrefois, qui chauffe un peu le public et le fait patienter en attendant la vraie star. Un simple élément d’un spectacle que les français sont de plus en plus nombreux à rejeter.

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On se lance en politique pour exercer le pouvoir

« La poutre travaille », comme le dit un ancien premier ministre, et en particulier chez LR. La recomposition de la droite prend une tournure plus aiguë à l’occasion des régionales, où dans plusieurs endroits, le RN semble en mesure de l’emporter. Il y a bien évidemment la région PACA, mais pas qu’elle.

L’opération de déstabilisation lancée en 2017 par Emmanuel Macron entre, de ce fait, dans une nouvelle phase. En prenant avec lui l’aile modérée de LR, le chef de l’Etat a déstabilisé son équilibre. Il a amoindri sa capacité à gagner, et donc à assurer l’accès au pouvoir à ses membres. Il ne faut jamais oublier qu’en politique, la solidité d’une structure ou d’un chef, c’est sa capacité à faire élire les siens, et à leur faire exercer le pouvoir. Si cette condition n’est plus remplie, ou si des doutes naissent, les remous ne tardent pas à arriver. Le but d’une personne qui se lance en politique, c’est d’obtenir des postes et du pouvoir, pas de témoigner depuis les bancs de l’opposition.

Cela fait maintenant presque dix ans que LR est dans l’opposition. Sur la centaine de députés LR, il n’y a que deux anciens ministres, Eric Woerth et Christian Jacob. Autant dire qu’un certain nombre d’entre eux ont faim, et voient le temps passer. En cas de nouvelle défaite, ils passeraient 15 ans l’opposition, pour certains, leurs « meilleures années ». Le risque est qu’une nouvelle génération arrive, et mette certains au rebut, sans qu’ils aient pu gouter aux délices du pouvoir. D’où une certaine nervosité, à l’approche de l’échéance électorale.

L’enjeu majeur, pour LR, est d’arriver à montrer que le chemin des postes et du pouvoir, à droite, passe par eux, et pas par le RN. C’est à peu près tout ce qui tient encore LR en vie, car comme tous les partis politiques en France, c’est juste un cartel d’élus ou d’aspirants à être élus, sans la moindre production d’idées neuves. Le danger ne vient plus d’Emmanuel Macron, dont le champ politique est à peu près borné, tant à gauche qu’à droite, sur sa base édifiée en 2017 et 2019. Il vient du RN, qui semble se rapprocher des portes du pouvoir. Le danger est d’autant plus fort que, l’aile modérée de LR étant partie en 2017, la différence idéologique entre certains LR et le RN est assez ténue, voire inexistante. La digue ne tient que par l’incapacité du RN à proposer des postes exécutifs et des positions de pouvoir.

Eric Ciotti a clairement mis les pieds dans le plat, sur Valeurs Actuelles : « ce qui nous différencie du RN, c’est notre capacité à gouverner ». Cela ressemble très fort à une offre de service à destination de Marine Le Pen, au cas où elle viendrait à gagnerait la présidentielle. Si le cas vient à se produire, il ne viendra pas seul dans la file d’attente. Une aubaine pour le RN, qui manque de cadres expérimentés pour exercer le pouvoir.

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Le Parti socialiste est devenu un canard sans tête

Après la calamiteuse présidence de François Hollande et les désastreuses élections de 2017, le Parti socialiste continue à s’enfoncer. Deux articles d’un grand journal du soir montrent l’étendue du désastre, avec une coupure quasi complète de ce parti avec les forces et causes qui animent la jeunesse de gauche. Et la sidérante prestation du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à la manifestation des syndicats de policiers, devant l’Assemblée nationale, le 19 mai 2021.

Cet évènement symbolise la perte de repères idéologique de ce parti. C’est « audacieux » pour un dirigeant d’un parti qui se dit de gauche, d’être présent à une manifestation organisée par des syndicats de police, dont l’orientation politique et la finesse de l’expression se rapproche dangereusement de l’extrême-droite. Mais si en plus, à cette occasion, il se couche devant leurs revendications en admettant qu’il y ait un « droit de regard » des policiers sur les décisions des magistrats, c’est le naufrage complet. Tous les rétropédalages n’effaceront pas le fait que sa présence était approuvée par les instances de son parti, et qu’il a bien prononcé des mots, qu’en général, on pèse au trébuchet avant de les dire, vu le contexte et la sensibilité du sujet.

Je suis sidéré, et atterré qu’un parti qui se veut de gouvernement, se couche ainsi devant des revendications aussi loin de ses positions idéologiques. Pour moi, le PS, c’est un parti proche de la ligue des Droits de l’Homme, de la Justice humaniste, qui est là autant pour aider le délinquant à revenir dans le droit chemin, que de le sanctionner. C’est un Parti qui est du coté de la liberté plus que de l’ordre, et défend farouchement l’indépendance des juges, une position incarnée par une personnalité comme Robert Badinter.

Le PS n’a rien à gagner, et tout à perdre à ce jeu. S’il veut retrouver une place à gauche, ce n’est certainement pas en coursant l’extrême droite qu’il va y arriver. Il est nécessaire que ce parti se lance dans une réflexion de fond sur son identité. Il n’a pas plus grand chose à perdre car le cycle des élections locales se clos fin juin, et le PS n’a rien à attendre de la présidentielle ni des législatives (avec 30 députés, il est arrivé très très bas, il peut espérer remonter).

Il existe un boulevard politique, pour un parti humaniste et réformiste, qui sache faire preuve de modération, de sens de l’écoute et qui soit dans la recherche de solutions plus que dans l’anathème ou le diagnostic de problèmes avec désignation de coupables.

Sur cette question des Libertés publiques et de la Justice, le PS a une vraie tradition. Il reste encore quelques vieux militants et parlementaires, qui peuvent donner des cours aux nouveaux. Ces valeurs ne sont absolument pas périmées et peuvent encore trouver de l’écho, à condition d’être assumées et incarnées avec conviction, en choisissant des mots et des causes qui parlent aux nouvelles générations.

C’est vraiment triste de voir un tel héritage, qui a encore de la valeur, être complètement gâché par l’électoralisme à courte vue. Cela donne l’impression que le PS n’a plus la moindre colonne vertébrale idéologique, et erre au gré de l’actualité et des potentiels coups de comm’. Si en plus, ce parti n’est même plus en mesure de proposer un candidat à la présidentielle, on se demande à quoi il sert. C’est juste un canard dont on a coupé la tête, qui continue à se déplacer de manière erratique.

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Il faut casser les reins des « grands corps »

Pour une fois, je vais être ici en plein soutien d’une initiative d’Emmanuel Macron, à savoir la suppression des grands corps d’inspection, et du corps préfectoral.

Une décision qui suscite une levée de boucliers impressionnante, avec moult tribunes et protestations, y compris d’acteurs politiques et administratifs de très haut niveau. C’est bien la preuve que Macron vise juste, et qu’il y a un enjeu majeur. En fait, j’attendais cette réforme depuis le début de son quinquennat, et je craignais que sa main ne tremble à la mettre en œuvre, vu qu’il vient là.

Cette réforme est essentielle, capitale même, car changer les règles ne sert à rien, si on ne change pas les personnes chargées de les mettre en œuvre. Aérer la haute fonction publique est devenue une nécessité vitale pour la France, car le petit millier de personnes qui composent ces grands corps sont ceux qui dirigent réellement le pays. Les politiques décident, mais eux exécutent… ou pas. On est arrivé à tel degré d’entre-soi et d’homogénéité sociale et intellectuelle, que la seule solution est de dynamiter le système. Nous n’avons plus le temps d’attendre qu’une réforme soft mette 10 ans à produire des effets.

Les tenants de l’actuel système mettent en avant deux grands risques à cette réforme, celui de nommer de gens incompétents et/ou politisés. Comme dans toute réforme d’envergure, il y a des risques et des gains escomptés. Les conservateurs pointent en général les risques, en les présentant, non pas comme pas des risques donc potentiels, mais comme des faits inéluctables. Et ils occultent soigneusement les gains possibles.

Il est plus que temps de mettre fin à l’auto-contrôle des recrutements et des carrières dans la haute fonction publique par un petit noyau élitiste, qui est devenu, au fil des ans, une petite mafia, où on croise toujours les mêmes, qui cumulent les casquettes, font et défont les carrières. L’ancien secrétaire général du gouvernement, Marc Guillaume, est emblématique de ce noyau, qui sans jamais s’exposer au suffrage, tire les ficelles, et passe sans encombre les alternances, en mettant en avant une compétence technique indéniable.

Le deal proposé aux politiques était simple : la paix sociale et le bon fonctionnement de la machine administrative, en échange d’une large autonomie dans les recrutements, et donc dans le choix des personnes chargées de la mise en œuvre des décisions politiques. Avec un peu de souplesse vis-à-vis des urgences politiques du moment, les hauts-fonctionnaires imposent leur ligne sur le reste, et peuvent, par la force d’inertie, retarder, voire bloquer les décisions politiques qui le leur conviennent pas. Ils savent qu’il n’est pas nécessaire de s’opposer frontalement, il suffit d’attendre pour que les élus, ou les urgences politiques, changent. Ils ont pour eux la durée et la stabilité, des hommes et des orientations politiques.

C’est eux qui ont largement plongé la France dans le marasme où elle se trouve. Ils ont eu tout le temps de changer, d’évoluer, et ne l’ont pas fait. Donc la seule solution, c’est de casser le cœur du réacteur, en modifiant les règles de recrutement et de déroulement des carrières. Cette réforme des grands corps et de la scolarité à l’ENA vont permettre, je l’espère, de voir arriver aux postes de commandes de personnes qui n’ont pas été formatées par l’ENA, et qui n’attendent rien des parrains de la mafia de l’énarchie, car ils n’ont pas été nommés grâce à eux et surtout, ne dépendent pas d’eux pour le reste de leur carrière.

L’autre avantage de cette réforme va être de faire venir des talents différents, des gens qui ont débuté leur carrière ailleurs que dans les prep-ENA et autres classes prépa. Je suis pour la fluidité « public-privé » dans les fonctions de haut niveau. Bien des cadres du secteur privé ont toutes les compétences pour prendre des postes de préfet, ou même de directeur d’administration centrale. Certains seraient peut-être même meilleurs, ne serait-ce que pour le management, que ceux qui sont actuellement en poste. La question du risque « compétence » ne se pose pas véritablement. Le principal souci sera d’offrir une rémunération suffisante pour attirer les hauts profils du privé. Rémunération qui peut être financière (les niveaux de salaires ne sont pas les mêmes) ou symbolique (pour compenser la baisse de revenus engendrée par le passage dans le public).

La critique de la politisation est également à écarter. D’abord, ce n’est pas un mal en soi, à partir du moment où c’est dit et assumé. Pour le reste, il est toujours possible de mettre des barrières et des procédures pour limiter les dérapages. Un certain nombre de nominations à de hautes fonctions nécessitent une audition devant le Parlement. Il est tout à fait possible de trouver des mécanismes similaires, obligeant le pouvoir de nomination à publier les noms avant l’entrée en fonction, et de laisser un laps de temps pour les remarques et commentaires, avec éventuellement un filtre par une commission ad hoc, composée en partie d’élus de l’opposition. La critique est d’autant plus ridicule que cette politisation des hauts fonctionnaires existe déjà en partie. Il n’y a qu’à voir les déroulés de carrière, pour se rendre compte qu’un certains nombre de haut fonctionnaires alternent des postes à hautes responsabilité (voire en cabinet ministériel) et en inspection ou sur le terrain, en fonction de la couleur politique du gouvernement. Pour beaucoup, les opinions politiques (ou leur absence) sont connues des initiés. Autant que ça soit public et assumé, à la fois par le haut fonctionnaire, mais aussi par le politique qui nommé.

Une révolution du fonctionnement de la haute fonction publique à la française était indispensable, et passait nécessairement par un changement profond dans le déroulement des carrières. la réforme est lancée, je souhaite qu’elle aille au bout.