Catégories
Non classé

Le 4 septembre et la fragilité du pouvoir

Le 4 septembre 2020, nous avons célébré les 150 ans de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Un évènement qui m’interpelle, parce qu’il est aussi le jour de la chute d’un régime politique qui, deux mois auparavant, semblait solidement assuré sur ses bases.

Le 8 mai 1870, par un plébiscite triomphal, Napoléon III a fait ratifier les dernières évolutions du régime. D’autoritaire à ses débuts, le second Empire est devenu « libéral » avec une constitution qui s’approche beaucoup d’un régime parlementaire classique. Les républicains, qui avaient fait une percée aux élections législatives de 1869, sont atterrés et un peu désespérés. Napoléon III est relégitimé et semble reparti pour 20 ans au pouvoir.

Le 19 juillet, la France, sure d’elle-même et de sa puissance militaire (il ne manque aucun bouton de guêtre, affirme un général), déclare la guerre à la Prusse. Après une série de défaites, Napoléon III est obligé de capituler à Sedan, et fait prisonnier. Deux jours plus tard, la République est proclamée, après que la foule ait envahi l’hémicycle du Palais-Bourbon. Le Second Empire s’est écroulé en quelques heures.

Cela nous rappelle que le pouvoir politique reste fragile, quand bien même il apparait solidement assuré sur ses bases, doté de toute la légitimité, politique et juridique. Il suffit qu’un événement imprévu surgisse, et tout peut être bousculé et renversé.

Bien entendu, les temps ont changé et les circonstances ne sont pas les mêmes en 2020. Mais la fragilité du pouvoir politique est un fait qui n’a pas disparu comme par enchantement. Et l’histoire est pleine d’accidents imprévus, qui frappent un pays qui se croyait bien préparé, et en fait, ne l’était pas.

1 réponse sur « Le 4 septembre et la fragilité du pouvoir »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *