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L’heure des clarifications pour la Nupes

Le Congrès du PS est le premier vrai test de la solidité de la forme d’union de la gauche appelée Nupes. En effet, à l’issue du scrutin interne (qui s’est joué sur cette question), le sortant Olivier Faure, fervent partisan de l’alliance, est réélu de justesse, avec un parti fracturé, une moitié des 22 000 votants étant soit hostiles, soient réticents à la Nupes.

Ces tensions étaient prévisibles et attendues, et pour tout dire « normales » tant l’alliance a été conclue de manière rapide et ambiguë, dans un contexte de cartel électoral. La Nupes est née, non pas entourée de bonnes fées, mais de non-dits et d’arrières pensées. Si on veut que l’alliance perdure, à un moment, il faut purger tout cela. Le parti socialiste étant le plus gêné aux entournures, c’est logique qu’il ouvre le bal des clarifications.

Les urnes ont parlé et le constat est clair, Olivier Faure a encore beaucoup de boulot pour faire adopter la Nupes au PS. Un travail à deux faces. En externe, pour faire en sorte que les alliés (LFI en particulier) mettent de l’eau dans leur vin sur les points programmatiques ou tactiques qui irritent le plus au PS. En interne, pour faire admettre à la partie réticente que finalement, une Nupes adoucie et recentrée est dans l’intérêt du PS et de la gauche.

Les obstacles sont nombreux, des deux cotés. En externe, amener LFI à infléchir sa ligne et faire des compromis n’a rien d’évident. Il faut d’abord trouver les « bons interlocuteurs » dans une formation politique où la guerre de succession fait rage. Faire admettre à un parti qui s’est construit sur des postures de radicalité, qu’il faut s’adoucir, ne va pas de soi, surtout quand ce parti est persuadé qu’il doit son succès à cette radicalité.

En interne, c’est encore pire, car les adversaires d’Olivier Faure ne sont pas prêt de digérer une défaite sur le fil, et commencent à contester sa légitimité. Le risque d’un PS ingouvernable et cacophonique est réel, car les opposants ne peuvent pas quitter le parti, faute de moyens (c’est Olivier Faure qui tient la structure bénéficiant du financement public) et faute d’espace politique. Il lui faudra aussi tenir compte des egos et ambitions personnelles de grands barons locaux, en particulier ceux qui ont soutenu Mayer-Rossignol. On ne gomme pas d’un trait de plume et une culture politique et des pratiques historiques.

Toutefois, rien n’est perdu pour Olivier Faure, qui est à la tête d’une moitié homogène et soudée du PS, face à un ensemble hétéroclite d’opposants, pas tous sur la même ligne pour la Nupes (il y avait une motion clairement anti-Nupes, et une autre, simplement réticente), avec sans doute pas mal de positionnements tactiques en vue de récupérer des places en cas de victoire du challenger. Une fois la poussière retombée, qu’il faudra avancer et bosser sur le fond, on verra sans doute des mouvements vers Faure, probablement aidés par une habile politique de distribution de postes et de remplissage de gamelles.

L’histoire de la gauche est une longue suite de psychodrames, parfois incompréhensibles pour les non-initiés, suivis de spectaculaires réconciliations. Attendons la suite, mais normalement, la Nupes devrait sortir plus renforcée qu’affaiblie de ce congrès du PS.

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