Les socialistes, ou ce qu'il en reste, commencent à s'agiter pour ce qui leur activité préférée : préparer le prochain congrès et se livrer aux délice des motions et des combinaisons. Les candidats au poste de premier secrétaire ont jusqu'à fin janvier pour se déclarer et le bal vient de s'ouvrir. Le casting est juste effarant et montre bien le degré de décrépitude atteint par ce parti. Il n'y a pour l'instant que des apparatchiks sans le moindre charisme : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Luc Carvounas...

Des gens qui n'ont jamais eu d'autre métier qu'élu, collaborateur d'élu ou permanent politique. Ce ne sont même pas des seconds couteaux, mais de simple lieutenants de second couteaux, qui n'étaient déjà pas fabuleux. Olivier Faure était dans le sillage de Jean-Marc Ayrault, Luc Carvounas de Manuel Valls et Stéphane Le Foll était le porte-flingue de François Hollande. La seule qui aurait pu présenter un tout petit peu plus de fraicheur et de charisme, Najat Vallaud-Belkacem, a préféré renoncer. Les prises de positions et les tribunes sont de la même eau : un gloubi-boulga de langue de bois, totalement creux, signées par des nobody.

Il faut se rendre à l'évidence, les quelques personnes qui restent encore au PS n'ont strictement rien compris à ce qui s'est passé en mai-juin 2017. Ils sont pris la pire claque électorale des cinquante dernières années, le nouveau président leur bouffe leur espace politique, ils n'ont plus que quelques collectivités locales, et ils continuent comme avant, avec les mêmes pratiques, le même langage, sans tirer la moindre leçon du message envoyé par leurs électeurs, qui demandent un changement profond de fond et de forme. Mais les appareils politiques ont la vie dure, le parti communiste français est là pour le prouver. Même idéologiquement morts, ils restent parce qu'ils sont le gagne-pain des apparatchiks. Tant qu'il reste un petit bout de clientèle électorale, quelques collectivités locales et des parlementaires, et donc des postes de collaborateur d'élu à distribuer, il y aura des gens pour les occuper.

Le Parti socialiste ne va pas mourir, il va devenir un nouvel astre mort de la politique, comme le PCF, ce qui est très ennuyeux pour la gauche. Cela augmente la fragmentation partisane, chacun voulant présenter ses candidats aux élections, sous son étiquette. Parce que cette activité est la dernière qui reste, la production d'idées nouvelles ayant été abandonnée depuis très longtemps, et surtout, parce que cela permet d'obtenir des financements publics. Les accords avec d'autres partis seront possibles, mais au prix de tractations longues et compliquées, jamais complètement parfaites. On voit bien comment fonctionne l'attelage entre Mélenchon et les communistes, c'est plus que boiteux. Le pire, pour toutes ces formations, c'est les scrutins à la proportionnelle, où chacun y va sous sa bannière. Les prochaines élections européennes vont se faire, en 2019, au scrutin de liste national, avec un seuil de 5% pour obtenir des sièges. Je ne sais pas si un PS momifié dans une social-démocratie d'un autre siècle pourra attendre ce seuil. Pas sûr du tout...