L'organisation des Jeux olympiques d'été 2024 vient d'être attribué à Paris, au terme d'un simulacre de compétition, qui s'est terminé par la désignation de la seule ville assez stupide pour maintenir sa candidature. Tout ce que la ville et le pays comptent de dirigeants, à commencer par la maire de Paris et le Président de la République, ont affiché leur "mobilisation", dépensant au passage des sommes qui seraient bien mieux employées ailleurs (à la propreté de Paris par exemple...). Pour l'élan populaire, par contre, il faudrait un microscope pour arriver à la repérer, la population étant globalement hostile à cette candidature, comme ce fut le cas dans les autres villes candidates. Les raisons de ce refus sont aisément compréhensibles.

Il y a d'abord le coût, absolument démentiel, qui ne manquera pas de retomber sur le contribuable, parisien bien entendu, mais aussi francilien et national. On risque de se retrouver endetté pendant longtemps, pour des investissements qui n'ont guère d'utilité pour le quotidien des Parisiens. Ce qui est encore plus rageant, c'est que le CIO sera exonéré d'impôts (c'est déjà dans la loi française) pour tous ses gains. Le jeu n'en vaut franchement pas la chandelle pour un mois de compétitions sportives, qu'on voit beaucoup mieux devant son téléviseur que dans les stades.

Le deuxième point est le rejet de cette orgie consumériste qu'est devenu le sport spectacle, avec des dérives portées à incandescence par le comité olympique. L'utilisation de certains termes, comme "olympique" est strictement réservée au CIO, sous peine de poursuites. Seuls les sponsors officiels, qui sont passés à la caisse, peuvent apparaître à l'image. Le sport est réduit à un simple prétexte pour faire apparaître des bandeaux de pub et des placements produits. Nous "vendre" cela comme une "fête" est profondément indécent. Ce point de refus a sans doute beaucoup joué dans la renonciation de plusieurs villes candidates, dont les élus ont compris qu'une telle orgie n'est tout simplement plus en phase avec les attentes et aspirations des populations.

L'engouement existe encore pour suivre les JO, pas pour les accueillir. Il semble que les élus français soient complètement passés à côté de cela, ou alors aient choisi de n'en tenir aucun compte. Cela pose un véritable problème démocratique, car une telle dépense sur fonds publics et une telle utilisation de l'image de marque d'une ville devraient faire l'objet d'une consultation des citoyens, pas d'une décision autocratique d'élus surtout intéressés par leur propre promotion.