L'organisation de la primaire, par le Parti socialiste, à permis de voir que les vieux démons du tripatouillage sont encore bien présents. Le décompte des voix, et du niveau de la participation, a donné lieu à un vaudeville stupéfiant, où les dirigeants du parti ont été pris les mains dans le pot de confiture. Le prolongement logique d'un processus qui relève, depuis le début, du bricolage.

Malgré les dénégations embarrassées et les changements de pied dans les excuses (le bug technique, puis la faute du stagiaire), il est bel et bien avéré que le PS a truqué les chiffres de la participation au premier tour de la primaire de gauche. Buzzfeed souligne qu'avant même le scrutin, une première magouille avait permis aux organisateurs de pavoiser, en indiquant un chiffre de connexions au site de la primaire qui n'avait rien à voir avec la réalité.

Le coup politique est évident. Ce n'est pas le tout d'avoir un candidat qui sort de la primaire, encore faut-il que cela lui donne un élan et une légitimité. Une participation faible plombe complètement le PS. D'où ces tentatives, vite repérées, de faire de la gonflette. Comment imaginer qu'une manipulation aussi grossière ne se verrait pas ?

Par dessus le marché, le premier secrétaire s'enfonce dans le déni, en cherchant à imposer comme la version de la Haute autorité comme une vérité révélée : interdiction de la contester, sinon, ce sont les tribunaux. Quand on en arrive à l'argument d'autorité et à la menace, c'est qu'on n'a plus rien à dire.

Le Parti socialiste, du moins ce qu'il en reste, montre son vrai visage : une technostructure d'apparatchiks d'un autre âge, sans la moindre étincelle d'idéologie et qui n'ont rien compris aux aspirations démocratiques des français. Arrivé à ce stade de déchéance, je crois que la seule solution est l'euthanasie. Comme pour les quartiers en difficulté, mieux vaut démolir pour reconstruire, que de chercher à rénover.

La question de savoir qui va emporter la primaire est désormais dépassée et sans grand intérêt. Il ne sortira rien de bon du PS, et finalement, la victoire probable de Benoît Hamon, va finalement servir à achever la bête. Les partisans de Manuel Valls vont sans doute partir assez massivement chez Emmanuel Macron, lui permettant de lancer un parti politique qui puisse prendre la place occupée jusqu'ici par le PS, à savoir celui du "parti de gouvernement de la gauche". Bien des militants PS n'y sont que parce que c'est le lieu où il faut être si on veut être élu et exercer des responsabilités. Le jour où le PS perd son rôle de "cartel électoral", il est mort. Ce moment, qui sera celui des investitures aux législatives, est proche et on ne peut que s'en réjouir.

Ce que l'on peut espérer, c'est qu'Emmanuel Macron aille au bout, et achève bien le PS, en construisant un parti de gouvernement à gauche, sur des bases nouvelles, répondant aux aspirations des français et aux questions qui se posent à la société d'aujourd'hui. Il semble plutôt bien parti, mais n'est pas au bout de la route.