Depuis toujours, je peste contre les cultureux, leur obstination à ne pas vouloir admettre les changements numériques et leur lobbying lourdingue, personnalisés à merveille par Pascal Rogard (qui en rajoute, en bon acteur qu'il est). Je ne peux donc qu'être totalement en phase avec cette tribune parue dans les Échos. Elle exprime à merveille mon ressenti vis à vis des milieux culturels : quand donc serez vous un jour des adultes ?

La description du comportement et de la psychologie des industriels de la culture est absolument remarquable : "Cette industrie se vit comme un saltimbanque bourgeois bohème, attachée à une certaine originalité à l'égard du système, originalité soi-disant nécessaire à la créativité". Son rapport à l'économie est basé sur le déni : "Cette industrie a donc raté ses réflexions sur son modèle d'affaires, car elle estime ne pas en avoir : "Elle ne repense jamais son "produit" puisque, par essence, la création est sacrée et ne saurait être rabaissée à un produit de consommation courant". C'est d'une justesse !

Bien entendu, l'industrie culturelle entend vivre aux crochets des autres, et multiplie les taxes prédatrices sur d'autres secteurs économiques, qui eux, se donnent du mal pour dégager des bénéfices, prétextant être le coeur du produit des autres : le contenu. Ils ont donc développé des relations très spécifiques avec les pouvoirs publics, basé sur la pression politique : "si vous ne faites pas ce qu'on veut, on envoie les artistes pleurer à la télévision". La tactique de l'enfant gâté qui sait que les pleurs et les cris arrivent rapidement à faire céder des parents à bout de nerfs. Quand on obtient ce qu'on veut ainsi, pourquoi changer et se donner du mal ?

Voilà ce qui m'énerve profondément dans le mode de fonctionnement du secteur de la culture. Pour le reste, j'aime beaucoup les artistes, j'écoute de la musique, je lis et je souhaite qu'il y ait une industrie culturelle forte en France et en Europe, car je sais que c'est la condition pour que les artistes puissent continuer à créer. Je demande juste à ceux qui ne créent pas directement, mais administrent et gèrent la culture, de devenir économiquement adultes...