L'Assemblée nationale vient d'engager une réforme de son règlement. Certes, elle est d'ampleur limitée, car l'UMP refuse une modification de la Constitution ou des lois organiques qui encadrent les règles de fonctionnements de l'Assemblée. Ils considèrent, et n'ont pas forcément tort, qu'une réforme d'ampleur a déjà eu lieu en 2009. Elle n'est certes pas parfaite, mais il faut la laisser vivre et aller au bout des possibilités qui sont offertes. Toutes les conséquences n'en ont pas encore été tirées, on le voit bien avec la semaine de contrôle, qui ne trouve pas sa place dans sa configuration actuelle, ou encore avec le temps législatif programmé, pour lequel on découvre de nouveaux usages auxquels on n'avait pas pensé.

Pour autant, le projet de réforme est intéressant. Il contient quelques mesures qui sont loin d'être anodines, ouvrant des perspectives. C'est aussi un moment d'introspection, où les députés font un peu le bilan de la réforme de 2009, mais aussi de l'évolution des pratiques. Que ce soit l'impact du site nosdéputés.fr, les nouvelles règles de déontologie ou encore la perspective du non cumul et de ses implications sur le travail parlementaires, de vrais sujets sont débattus. Aucun député n'est indifférent, car c'est leur quotidien qui est concerné. Suivre les débats d'une réforme du règlement, c'est le meilleur moment pour étudier le fonctionnement du Parlement : pas besoin de courir après les députés pour solliciter des entretiens, ils se réunissent spontanément pour un brainstorming de haut niveau.

J'entends donc profiter de ce moment pour réaliser une série de billets (le nombre n'est pas encore fixé) pour explorer tous les aspects de cette réforme, expliquer en détails les mesures intéressantes, comprendre, à travers les discours, ce qu'est un député et la manière dont il envisage son rôle.