Je suis assez frappé de la manière dont la maison Copé s'écroule. L'intégralité des vrais comptes de Bygmalion sont dans la nature (merci les clés USB) et on en apprend des belles, les lampistes façon Lavrilleux ou Millot se rebiffent, balancent tout et annoncent que s'ils tombent, ils ne seront pas seuls dans le box, au tribunal. Quand on regarde la solidité du système Chirac, où on est loin d'avoir tout vu, et où il a été plus que difficile d'amener les coupables dans le box, on se pose des questions. A-t-on changé d'époque ou Copé, finalement, n'était qu'un amateur ? J'ai du mal à trancher...

Concernant l'UMP, c'est également sidérant de voir à quel point ce parti s'effondre. Depuis les européennes, il a fait un pas de plus vers l'auto-destruction. Le départ de Copé n'a rien réglé, et l'intérim donne lieu à des contestations. Aucun leader n'apparait, que ce soit pour présider le parti ou être le candidat en 2017. Tous sont dans les petites tactiques à courte vue, à coup de déclarations dans les médias, pour placer ses propres pions ou ceux de son camp. Je ne vois absolument pas le bout du tunnel, d'autant plus que l'image du parti en est fortement dégradée.

Plus ça, plus que je pense que l'UMP va soit exploser, soit se transformer en une vaste pétaudière où plus rien n'avance. La deuxième option apparait la plus probable, sauf si la commission des comptes de campagnes intervient pour couper les vivres à un parti qui a quand même organisé une vaste opération de maquillage du compte de Sarkozy (et l'a avoué). Pourtant, la droite à tout pour être optimiste, tellement François Hollande est au fond du trou...

Parce que l'écroulement, il est aussi à gauche. Plus on avance dans le quinquennat, plus on voit la majorité se déliter et se réduire. Il reste trois ans à tenir, je ne vois pas comment on va y arriver, car il n'y aura ni démission de Hollande, ni dissolution. Cela équivaudrait à un suicide, et s'il y a une chose que les socialistes ne feront pas, c'est bien ça. On va donc avoir une mise à l'écart de François Hollande, déjà bien complètement discrédité. Il sera remplacé par son premier ministre, ce qui donnera une configuration inédite sous la 5eme République : une pratique institutionnelle de type "cohabitation" alors que le président et son premier ministre sont de la même couleur politique. Un brouillage du message politique pas évident à gérer, car on va avoir une pratique qui diffère des messages envoyés. L'image d'un président "monarque absolu" est tellement ancrée chez les français qu'ils seront perturbés de se retrouver avec un "roi fainéant", façon mérovingiens de fin de race.

La décomposition du paysage politique est inquiétante, mais c'est en même temps une porte de sortie, car la France est un pays bloqué, et cela depuis longtemps. Il faut que cela change, et alors que tous (moi compris) ont pensé que cela finirait pas une révolution plus ou moins violente, on pourrait avoir une auto-dissolution des structures de pouvoir, qui s'écroulent sans le moindre mouvement social. Comment gérer cela ? on est dans l'inconnu et le trou noir...