L'histoire s'est accélérée et Jean-François Copé a finalement été contraint de quitter la présidence de l'UMP. Cela ne règle qu'une crise passagère, mais sur le fond, ça ne règle rien.

Copé est mis sur la touche parce qu'il a dépassé les limites pénales, pourtant souples, et que ça s'est vu. Ce n'est pas avec ça que la classe politique dans son ensemble va redorer son blason. J'ai même l'impression, au regard de ce qui sort sur Le Point (des rétro-commissions versées par Bygmalion à Patrick de Carolis) que les révélations ne sont pas terminées. Les dénégations de Copé ne sont pas convaincantes (c'est même du foutage de gueule intégral). On peut penser qu'il est sur la touche pour longtemps (je l'espère) même s'il ne faut préjuger de rien. Copé est un redoutable animal politique, qui n'a que 50 ans. Il peut ressurgir à tout moment... Et c'est bien cela le problème. Dans d'autres pays, cela fait longtemps que Copé aurait été viré, sans la moindre chance de retour en politique.

En attendant, c'est le vide à droite : Borloo en retraite pour raison de santé, Copé dégagé pour cause de scandale politico-financier, Sarkozy pour longtemps encore empêtré dans les affaires. Aucun leader naturel ayant l'envergure d'être candidat à la présidentielle en 2017 n'apparaît avec évidence, à part peut-être Fillon. Et encore, il est marqué par les combats passés et aura du mal à faire l'union derrière lui. Or, le succès politique repose sur un facteur : c'est le camp le moins désuni qui l'emporte. Sur ce plan, la droite est mal barrée, et même si Hollande est nul, il a encore ses chances.

Enfin, et c'est le pire, absolument aucune perspective de rénovation doctrinale à l'UMP. Le prochain congrès se concentrera sur le choix du chef, qui ne pourra être que le plus petit dénominateur commun, donc un ectoplasme intellectuel. Le départ de Copé n'entraîne pas un effrondrement de l'aile droite de l'UMP, et ne change rien aux lignes de fractures idéologiques de ce parti. On ne peut même pas parler d'occasion manquée, car il n'y a tout simplement pas eu d'occasion de rénover quoi que ce soit.

La chute de Jean-François Copé n'est qu'un épiphénomène, qui enfonce un peu plus encore l'UMP dans son marasme et sa lente auto-destruction. Il ne faut pas lui accorder plus d'importance qu'elle n'en a. C'est la chute d'un homme, pas d'un système.