Ce gouvernement est sidérant d'amateurisme, et d'une nullité crasse en communication. On le sait, mais à chaque fois, ils se surpassent pour nous étonner. Christiane Taubira vient d'exploser des records avec son traitement du dossier des écoutes de Nicolas Sarkozy. Brandir des documents, à l'heure des images à très haute résolution... Il fallait le faire ! Et c'est juste la cerise sur le gâteau.

Résumons. La droite, au cours d'une semaine difficile, se prend successivement trois affaires à gros impact négatif dans les médias : les surfacturations de Copé, les enregistrements de Buisson, et les écoutes de Nicolas Sarkozy, avec forts soupçons de trafic d'influence. Pour la Gauche, c'est du caviar, servi à la louche sur un plateau d'argent. Il suffit juste de se taire et de laisser la meute médiatique faire le job, en évitant soigneusement d'offrir une diversion. Que croyez vous qu'il arriva ? Le gouvernement a trouvé le moyen de s’emmêler les pinceaux, et de détourner l'attention des médias par une série de maladresses.

Quand on est ministre de l'intérieur ou garde des sceaux, bien évidemment qu'on est au courant de tout ce qui se passe en France. Affirmer le contraire, c'est prendre les gens (qui s'en rendent bien compte) pour des imbéciles, et passer pour un incompétent. Quand en plus, le démenti formel arrive moins de 48 heures après (notez au passage que c'est le procureur général que Taubira voulait virer qui tire la première cartouche) ça fait mal. Mais une deuxième ligne de défense est possible. On peut dire qu'on avait effectivement les grandes lignes, mais pas les détails.

Et là, c'est la bourde. Pendant une conférence de presse, Taubira brandit un document, révélant ainsi sans le vouloir, son contenu à la presse. On y trouve cette phrase "Le juge d'instruction saisi du dossier dit « des financements libyens » de la campagne présidentielle de 2007 (dont il vous est régulièrement rendu compte sous la référence AS/13/2352/FIN)". C'est de l'assassinat politique, toute la ligne de défense de Taubira s'effondre. La vérité est révélée dans sa crudité : tous les dossiers relatifs à Sarkozy sont suivis comme le lait sur le feu par la chancellerie. C'est l'image de "garde des sceaux qui n'intervient pas dans les dossiers" qui en prend un coup. Si elle ment pour ça, pourquoi la croire quand elle affirme ne pas donner d'instructions particulières ?

Comme les merdes volent en escadrille, comme le disait Chirac, on attend maintenant le document qui prouve que Manuel Valls a également menti quand il affirme qu'il a tout appris par la Presse. Le mensonge est tellement gros que ce n'est qu'une question de temps. Le timing sera sans doute parfait pour prendre le relais. Après s'être bien repus du lynchage de Taubira, excités par le goût du sang, les médias (et notamment les télés d'info en continu) vont "se faire" Manuel Valls.

Une affaire chasse l'autre, et si les dégâts des révélations concernant la droite sont réels (et ce n'est pas fini), l'UMP a réussi à sortir de l'oeil du cyclone. Le prédateur s'est trouvé une autre proie. Dans une semaine, une autre affaire prendra le relais. A moins d'une nouvelle fracassante concernant Sarkozy, qui relancerait l'intérêt médiatique, la droite aura bien limité la casse médiatique. Copé et Sarkozy peuvent remercier le gouvernement pour la formidable diversion offerte au médias. Tout cela à deux semaines des municipales.

Oui, vraiment, les socialistes sont des branquignols de la communication...