Deux affaires agitent la droite française, Copé et ses amis de Bygmalion d'un coté, et les enregistrements clandestins de Patrick Buisson de l'autre. Quasiment en même temps, le voile se lève sur la réalité de l'exercice du pouvoir au quotidien. Normalement, les citoyens ne voient jamais cela, il faut l'avoir vécu de l'intérieur pour vraiment percevoir ces réalités soudainement mises en pleine lumière.

Sur l'affaire Copé, c'est un schéma vieux comme le monde qui s'offre à nos yeux. Un leader politique, pour devenir le chef, a besoin d'un clan autour de lui. De la Rome antique en passant par le Moyen-age, c'est le même modèle qui est à l'oeuvre, celui du patron et de la clientèle à Rome, du suzerain et du vassal à l'époque médiévale. En échange de nourriture et de protection (et plus si ça marche bien), des hommes se placent dans le sillage d'un autre en vue de l'aider à prendre et exercer le pouvoir.

Comment s'étonner que Copé suive le même modèle, et s'entoure d'affidés à qui, en échange de leur fidélité, attendent que le boss remplisse la gamelle. En bon chef de clan, Copé pourvoit donc aux besoins de ses amis de Bygmalion en leur fournissant des marchés et des contrats, soit directement, soit en les "recommandant" auprès de clients potentiels. Cela fonctionne comme cela à tous les niveaux, avec plus ou moins de dérapages. Chirac a fait les choses à une toute autre échelle à la ville de Paris. Nous avons tous des exemples de tels comportements, dès qu'il y a un lieu de pouvoir.

Dans l'affaire des enregistrements de Patrick Buisson, c'est vraiment "la vie quotidienne dans l'entourage immédiat du président" qui se dévoile. Voilà comment les choses se passent réellement à l'Elysée, les petites vacheries, et les grosses crasses, les lâchages et les tromperies. Certes, là encore, ce n'est pas forcément très joli à voir, mais c'est la réalité de l'exercice du pouvoir.

Il y aurait un véritable travail d'analyse à faire à partir des matériaux accumulés par Buisson. Certes, le procédé est malhonnête, et lui vaudra quelques retours de bâtons sévères. Mais quelle occasion formidable, avec ces deux affaires, d'approcher la nature réelle de l'exercice du pouvoir, et donc d'en comprendre les rouages et mécaniques. Plus que vouloir changer les choses, je cherche plutôt à les comprendre. A défaut de pouvoir modifier les règles, il faut jouer avec...