Que ce soit la gauche ou la droite qui soient au gouvernement, la communication du parti majoritaire ne change pas. Ça fait toujours autant pitié ! Voici un aperçu de ce qu'est l'ordinaire de cette communication, avec un communiqué de presse du PS sur les chiffres du chômage :

"Si l'inversion n'est pas encore acquise, les chiffres du mois de juillet confirment une nette inflexion de la courbe du chômage. Depuis mai, la progression s'est établie à 7100 en moyenne (6300 en juillet) soit quatre fois et demi moins que la tendance du début de l'année (31700 de février à juin). Cette éclaircie, qui vient après la bonne nouvelle sur le front de la croissance (+0,5% au second trimestre) n'est pas le fait du hasard : elle le fruit de choix de politique économique et sociale du Président et du gouvernement qui sont en train de porter leurs premiers fruits. Pour preuve, sur le front du chômage, l'inversion de la courbe pour les jeunes est déjà là avec le 3ème mois de baisse consécutive au moment où le 50000 emplois d'avenir vient d'être signé et où les contrats de génération montent en puissance, tout comme la loi de sécurisation de l'emploi, les emplois francs et les formations pour les chômeurs candidats aux métiers en tension. Pour preuve la croissance française qui, avec celle de l'Allemagne, n'est pas à la traine mais au contraire tire la zone euro, au moment où le CICE, les intervention de la BPI, les investissements d'avenir et le nouveau dosage de la politique budgétaire dessinent le nouveau paysage de la politique économique du pays. À l'heure où la droite conteste ce volontarisme d'Etat, le parti socialiste lui apporte son plein soutien : les emplois aidés sont incontournables pour inverser la vapeur tout comme l'est la nouvelle politique économique et industrielle pour gagner durablement la bataille du retour au plein emploi".

C'est assez sublime. Le PS commence à se féliciter que le chômage augmente moins vite. On sent les grandes ambitions. Au passage, il oublie de dire que les chiffres du chômage soient moins mauvais l'été. Les étudiants qui terminent leurs études ne s'inscriront à pôle emploi qu'en septembre, et un certain nombre de chômeurs de catégorie A (pas de job) basculent en catégorie B ou C (ayant une activité réduite) du fait des emplois saisonniers. Comme par hasard, le PS ne nous donne que les chiffres de la catégorie A. C'est de bonne guerre, c'est justement le boulot des communicants que de faire passer des vessies pour des lanternes. Mais il y a des limites. Autre détail, le communiqué met en avant le nombre d'emplois d'avenir, qui sont des emplois purement artificiels, financés sur fonds publics. Si on les enlève et qu'on comptabilise ces jeunes en emplois aidés dans les chiffres du chômage, on se rend compte que l'embellie sur "l'emploi réel" n'est pas fabuleuse, preuve que la situation économique ne s'est pas franchement rétablie. Comme les bidouillages, le triomphalisme sans nuance est l'autre mamelle des communiqués du parti au pouvoir. Et on peut dire que dans celui là, il y a quelques perles. Dire que la France "tire la zone euro" aux cotés de l'Allemagne, fallait oser. Et on continue, en affirmant que le CICE, qui est une usine à gaz sans nom (en plus d'être un effet d'aubaine) fonctionne, que la BPI, lourd machin issu de la caisse des dépôts est en pleine charge quelques mois après sa création. Ce n'est tout simplement pas crédible.

Le pire, c'est que ce genre de prose est envoyé à la presse. A croire que le PS prend les journalistes pour des imbéciles, tant la ficelle est grosse. Qui va reprendre ce truc, sans le moindre chiffre à l'appui sur le bilan du CICE ou l'action de la BPI, avec des "arrangements" statistiques visibles à l'oeil nu ? Ce genre de communication est contre-productif, car il ridiculise le parti, réduit à une caricature de fan-club. Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, on peut aussi se faire discret et ne pas trop communiquer, au moins, on reste digne. Mais ce n'est pas pour rien que le coq est l'animal symbolisant la France. C'est le seul à être capable de continuer à fanfaronner et à chanter avec les deux pieds dans la merde !