Les députés de droite ont été toujours été de grands producteurs de propositions de loi, la plupart d'ayant aucun intérêt, si ce n'est de faire parler du député qui l'a déposée. La droite est également spécialiste des lois faits-divers, ces textes de loi destinés à répondre à une émotion médiatique, en faisant croire qu'on agit pour résoudre le problème. La combinaison de ces deux facteurs a donné des résultats absolument spectaculaires sur l'affaire Cahuzac, qui a donné lieu à un véritable concours Lépine de la proposition de loi au sein du groupe UMP. Je vous lire ici la sélection, à vous de juger de la meilleure (ou de la pire...), avec plusieurs catégories.

Dans la catégorie "création d'un délit de parjure", nous avons Thierry Lazaro. Elle est taillée sur mesure pour Cahuzac. Daniel Fasquelle a aussi la sienne, qui est un peu plus large mais dans le même esprit. La plus belle est sans contestation possible celle de Pierre Morel-à-L'Huissier, qui devrait renvoyer une bonne partie de la classe politique, locale et nationale, en correctionnelle. La villiériste Véronique Besse propose de créer une prestation de serment devant les assemblées pour les ministres, avec des sanctions possibles s'ils mentent devant les assemblées parlementaires.

Dans la catégorie "inéligibilité à vie, voire au delà", nous retrouvons Pierre Morel-à-L'Huissier, qui une fois de plus, ne fait pas dans le détail. Tous inéligibles à vie quand on est condamné pour un délit financier. On retrouve aussi Thierry Lazaro, qui propose l'inéligibilité ceux qui ont menti. Cette PPL va piquer les yeux de tous les juristes, car insérée dans le code électoral, elle créé une inéligibilité qui n'est pas basée sur une condamnation effective, ni même sur des faits clairement établis par une autorité judiciaire. Fernand Siré est plus soft, et propose que l'on doive fournir son extrait de casier judiciaire dans le dossier de candidature aux élections, mais veut aussi mettre l'inéligibilité (10 ans seulement, il est bon prince) dans la Constitution et dans le code électoral. Lionnel Luca propose la même chose, mais en inscrivant carrément cela dans la Constitution.

Dans la catégorie "anti-retour", Daniel Fasquelle frappe fort, en demandant qu'un ministre qui démissionne, après avoir menti devant la représentation nationale, doit passer devant la cour de justice de la République, qui peut décider de le déchoir de son mandat. Il a trouvé l'idée tellement bonne qu'il en a fait une deuxième version, une sorte de "PPL de repli".

Un vrai feu d'artifice, qui montre que la droite est toujours très en forme pour écrire avec les pieds des propositions de loi débiles et juridiquement intenables...