Depuis le début de la semaine, c'est "carpet bombing" sur le PS. Tous les jours des nouveautés qui font mal, très mal.

D'abord l'affaire Cahuzac, qui en plus du compte bancaire en Suisse et à Singapour, connait de nouveaux développements. Maintenant que l'homme est à terre, la presse commence à tirer sur le fil et à faire venir toute la pelote. Il y a eu les questionnements sur l'origine des fonds, qui apparemment, viendraient de laboratoires pharmaceutiques, alors que Cahuzac a été conseiller du ministre de la Santé au début des années 90, et qu'immédiatement sorti du cabinet, il est devenu consultant. Ça sent franchement mauvais et les enquêtes judiciaires risquent d'amener des révélations de faits autrement bien plus graves que des dissimulations fiscales. On apprend ainsi qu'il est proche d'anciens membres du GUD, un groupe d'extrême droite violent. Et apparemment, c'est des relations du genre "on joue au golf et on part en vacances ensemble", avec des investissements en commun dans des trucs un peu bordeline. On se dit alors que les 600 000 euros à Singapour, c'est une partie seulement des actifs de Cahuzac. Non seulement le scandale "financier" pourrait encore s'étendre, mais on rajoute une couche "mes copains d'extrême droite"...

Ce matin, c'est le trésorier de la campagne de Hollande, un type qui a donc toute sa confiance, qui voit révéler dans le presse qu'il a des sociétés off shore aux iles Caïmans. Il a beau dire tout est légal, ça la fout mal, car les Iles Caïmans, c'est quand même un symbole de cette "Finance sans visage" que Hollande fustigeait pendant sa campagne. Pour François Hollande, c'est dramatique, car l'écart entre ce qu'il dit et ce qu'il fait apparait au grand jour. Même si Hollande n'a sans doute pas utilisé de comptes off-shore pour sa campagne et que ses comptes sont cleans, les raccourcis ne vont pas manquer d'être faits (les gens comprennent parfois tout de travers...).

Le pire, c'est le croisement des deux dossiers la même semaine...

Hollande, qui disait lutter contre la Finance, qui n'aime pas les riches, qui voulait une république exemplaire, avait dans son équipe ministérielle un type qui a fait de la fraude fiscale et a planqué l'argent à Singapour, en mentant effrontément devant la représentation nationale. Il avait aussi dans sa garde rapprochée un autre type qui a des sociétés dans des paradis fiscaux. Et demain, ça va être quoi ?

Le vrai souci est là, on est arrivé à la "masse critique" où la presse française, habituellement lécheuse, se sent autorisée à lyncher. Des choses qui seraient peut-être restées off (typiquement, les relations de Cahuzac avec des gens du GUD) vont sortir et ça va faire boule de neige. Les maigres contre-feux de Hollande sont très nettement insuffisants pour qu'il puisse tenir. La machine est au bord de l'emballement et la crise politique est devant nous. On a beau avoir une majorité au Parlement, quand on est discrédité dans l'opinion, plus rien ne tient. Hollande était déjà bien bas dans les sondages, il risque d'atteindre des records à la baisse, mettant en cause sa légitimité même. Le risque est une paralysie du système, et une sortie du jeu politique, un peu comme ce qui est arrivé à Silvio Berlusconi en 2011, en Italie.