Le plan de sauvetage de Chypre vient d'être avalisé, avec une clause assez inédite. Le gouvernement chypriote a été contraint de décider une taxe sur les dépôts bancaires. Les banquiers hurlent, la population hurle, c'est assez logique, mais sur le fond, je trouve l'idée plutôt bonne et juste...

Qu'un pays qui a un problème avec sa dette publique, qu'il a creusé lui-même, commence par le régler en prélevant sur sa richesse intérieure, cela ne me choque absolument pas. Bien au contraire même, car ceux qui ont bien profité, avant, quand tout allait bien, c'est quand même la population de ce pays. Je ne pleure pas du tout sur le sort des grecs, qui n'avaient qu'à payer leurs impôts avant. A un moment donné, que la charge retombe sur ceux qui se sont gavés avant, ce n'est que justice. On ne peut pas vivre éternellement aux crochets des autres, et à un moment, il faut payer ses impôts.

Cette taxe va certes toucher les chypriotes, mais pas qu'eux. Chypre est connue comme étant une blanchisserie bancaire, bien connue des russes (et de bien d'autres sans doute). Quand on fait de la fraude fiscale et qu'on planque son argent dans ce qu'on croit être un paradis fiscal et bancaire, on ne respecte pas les règles. Difficile après, de venir se plaindre que les règles n'ont pas été respectées à votre égard, quand vous-même n'êtes pas en règle. Les estimations de rapport de cette taxe tournent autour de 6 à 7 milliards d'euros. Il y a 1,2 millions de chypriotes. Soit ils sont très riches (j'ai des doutes), soit il y a beaucoup d'avoirs étrangers dans les banques chypriotes, et on peut se demander ce qu'ils font là. Cette taxe, c'est un juste retour des choses, une sorte de redressement fiscal, certes un peu brutal, mais sur le fond, pas totalement injustifié, surtout quand c'est pour la bonne cause.

Que cette affaire secoue un peu le monde de la finance internationale, celle qui ne vit que de fraude d'optimisation, ça me fait bien rire. Que l'on insécurise un peu les filières des paradis fiscaux n'est pas pour me déplaire. Cela n'ira sans doute pas plus loin que la fuite de capitaux des pays "à risque" pour aller vers les paradis fiscaux sans dette extérieure, mais c'est toujours ça de pris. Vu les énormes profits, la finance internationale survivra, je ne me fais pas de souci pour eux.