Ce matin, dans ma boite mail professionnelle, je reçois, pour cosignature, la proposition de loi d'un député UMP visant à "assouplir" le permis à point. Et puis, en revenant de déjeuner, je tombe sur cet article de presse, qui n'est qu'un parmi de nombreux autres, tous sortis entre hier et ce matin. J'ai honte pour les journalistes qui ont signé ces papiers.

Il est évident qu'il y a derrière une campagne de presse de l'association "40 millions d'automobilistes", qui représente les poujadistes de la route et sont du même niveau de "contribuables associés", l'Institut pour la justice ou SOS-éducation. Que cette association tente de faire du buzz médiatique ne me pose pas de problème, chacun se débrouille comme il peut pour faire avancer ses idées. Qu'un député se prête complaisamment à l'opération, dans le but de faire sa petite promo m'agace davantage, mais c'est malheureusement plus que courant et inévitable. Par contre, que des "journalistes" se laissent embobiner, ça me laisse pantois (pas tant que ça en fait, tellement je sais de longue date que certains sont nuls).

Il s'agit d'une proposition de loi d'un député UMP. Autant dire qu'elle n'a que très peu de chances d'être adoptée. Je peux même dire que celle-là n'en a strictement aucune ! Elle n'a même que très peu de chances d'être mise à l'ordre du jour dans le cadre d'une niche UMP, même si parfois, on voit n'importe quoi mis à l'ordre du jour. Faire un article sur cette proposition de loi ne présente donc aucun intérêt, surtout qu'elle n'est même pas encore en ligne sur le site de l'Assemblée. Et pourtant, certains articles sont particulièrement long, ce qui sent à des kilomètres à la ronde le dossier de presse voire l'article "clé en mains". Aucune information intéressante, mais par contre, on permet à l'association en question de faire croire que ses positions sont crédibles et de les faire apparaitre médiatiquement. Même si on donne aussi la parole aux associations de lutte contre la violence routière, et qu'on prétend avoir ainsi fait un article "objectif", ça reste une faute, car il n'y a pas lieu de faire le moindre article là dessus.

Le problème des médias, c'est qu'il leur faut du contenu, et comme l'actualité est parfois pauvre ou insuffisamment pourvue en sujets qui "font du clic", on assure la promo. Que ce soit pour le commerce ou pour la politique, les médias sont aujourd'hui des passeurs de plat au service de la comm'. Or, ce que je demande aux journalistes, c'est justement d'opérer le tri et de ne me proposer que des sujets présentant un réel intérêt, exempts de manipulation. La valeur ajoutée de la presse, par rapport aux blogs est là : la garantie d'un produit non vérolé par la comm'. On est encore loin du compte. Et après, ils s'étonnent de se casser la gueule...