Une adjointe au maire du XIIIe arrondissement de Paris est au cœur d'une affaire assez trouble. Elle est officiellement accusée d'avoir participé à un blanchiment d'argent de la drogue. Elle est en relation avec une personne impliquée sans le moindre doute dans le trafic de drogue, et on a trouvé chez elle une très importante somme en liquide. Cela ne veut pas dire qu'elle est coupable, mais avoir 350 000 euros en liquide chez soi, ça demande des explications, car ce n'est pas très courant.

Sa ligne de défense semble d'affirmer que cet argent vient d'un compte en suisse, très ancien, dont elle aurait fait rapatrier le contenu en France par une personne de confiance (qui visiblement avait d'autres activités de transport de fonds...). Je me demande si avouer une fraude fiscale pour se dédouaner d'une accusation de blanchiment est une si bonne idée pour se sortir de cette affaire brutalement médiatisée. Pénalement, c'est certainement moins grave, même si cela reste répréhensible. Politiquement, par contre, c'est assez dramatique.

Voilà une élue d'un parti EELV qui se veut le refuge de la vertu, qui fait de la fraude fiscale, qui plus est en rapatriant de l'argent d'un compte en Suisse. On se souvient tous des gesticulations d'Eric Woerth avec sa liste d'exilés fiscaux, qui a surtout servi à faire peur à quelques pigeons qui ont cru au bluff et n'avais pas les moyens de se défendre s'ils se retrouvaient pris dans les filets du fisc français. Nous avons probablement affaire à une des personnes qui a pris peur et a choisi de faire revenir l'argent, mais sans passer par la case "déclaration". Pas bien reluisant quand on appartient à un parti qui a fait de la lutte contre ce type de fraude son cheval de bataille. En matière d'éthique, le comportement de cette élue locale EELV est très loin de correspondre aux standards fixés par son propre parti...

Autre point qui peut gêner, ce que cette affaire révèle sur le recrutement social d'EELV, et de la gauche en général. Voilà une élue "de base", adjointe à un maire d'arrondissement, qui a hérité d'un compte en Suisse, ouvert en 1920 nous apprend la presse, sur lequel dort aux alentours de 350 000 euros. Un bel héritage qui place cette personne dans une "classe" plutôt privilégiée". On peut présumer que ce compte en Suisse n'était pas le seul actif, ce qui laisse supposer une certaine aisance. On va bientôt lancer un avis de recherche pour retrouver des élus de gauche, EELV mais aussi PS, qui soient réellement originaires de familles réellement modestes.

Le président "qui n'aime pas les riches", c'est assez clair comme message, mais ce n'est pas très crédible quand on apprend par exemple que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, s'est fait cambrioler son appartement de 300 mètres carrés, dans le XVIe arrondissement de Paris, pendant qu'il passait le week-end en Corse. Je sais parfaitement qu'il n'est pas nécessaire d'être pauvre pour être de gauche, mais ce qui gêne, c'est la sociologie du corps des élus de gauche, PS et EELV, ces riches qui prétendent œuvrer pour les pauvres, tout en se gardant bien de mettre en cohérence leurs comportements privés et leurs positionnements politiques. Combien de gens se disant "de gauche" quand il s'agit des autres et de la société, deviennent soudainement "de droite" quand il s'agit de faire des choix pour eux et leurs familles. Un exemple parfait de ce décalage, ce sont ces élus de gauche qui mettent leurs enfants dans l'enseignement privé, dans un souci de "ségrégation sociale".

Un tel décalage entre la réalité sociale des élus et les valeurs qu'ils affirment porter est absolument ravageur. L'épisode de cette élue EELV prise en flagrant délit, au moins de fraude fiscale, est ajouter à la longue liste des hypocrisies des élus de gauche.