• Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

C'est tout le problème des has been de haut niveau. On n'arrive pas à s'en débarrasser et comme ils sont compétents, on se laisse attendrir et on leur donne un maroquin. Celui-là ne lui va pas trop mal pour ce poste qui nécessite une souplesse d'échine qui ne se rencontre que chez les has been de haut niveau, prêts à toutes les bassesses pour rester en vie (regardez Rocard, qui après avoir accepté d'être ambassadeur auprès des pingouins en est réduit à aller à Téhéran pour qu'on continue à parler de lui). Sauf que là, on aurait pu se rappeler que Fabius a appelé à voter non en 2005, et qu'à Bruxelles, ils ont de la mémoire. C''est le problème quand le processus de hasbeenation est déjà avancé, plus ça va, plus ils sont compromis.

• Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale

Poste mérité, on ne voit pas qui d'autre ils auraient pu mettre sans que ce soit un scandale. Reste pour ce pauvre Vincent qu'il ne pourra pas faire grand chose, car les profs sont un électorat dont le PS a trop besoin pour se permettre de les mécontenter.

• Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice

Mais qu'est ce qu'elle fout là ? Femme, PRG (minorité politique), Black (minorité ethnique). Elle fait mieux que Rachida, et en plus, au niveau caractériel, elle la vaut bien. Les magistrats ont mangé leur pain blanc avec Mercier. Cela dit, le programme de Hollande sur les questions de justice ne pourra jamais être pire que celui de Sarkozy. Donc même si Christiane est invivable, elle ne devrait pas commettre trop d'horreurs législatives. après tout, c'est ça qui compte.

• Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur

Il aurait pu être Premier ministre, si la campagne n'avait pas révélé qu'il n'avait pas les épaules assez solides. Le poste est lourd, essentiel, j'ai un peu peur qu'il ne l'ait obtenu davantage sur des questions de positionnement politique et de courant que de compétence. C'est pourtant un ministère où on ne peut pas se permettre l'erreur de casting.

• Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

On l'attendait là, on l'y trouve. Il est fait pour le poste, c'est l'élément rassurant de ce gouvernement.

• Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires et du logement

Elle en rêvait. Ministre, pas forcement de l'aménagement du territoire et du logement. Un peu craignos quand même, car je pense qu'elle n'a pas la carrure d'être ministre. Comme c'est pour un mois, ça peut passer, mais ce serait bien de l'exfiltrer vers un ministère sociétal, où elle fera potentiellement moins de dégâts.

• Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé

Comme pour Manuel Valls, un autre choix aurait été un scandale. Techniquement, parce que humainement, même son propre camp ne la supporte pas...

•Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif

Se sont-ils rendus compte du formidable potentiel comique de l'intitulé ? Pour le reste, Montebourg à l'Industrie, c'est d'une banalité... un beau gâchis que de mettre un tribun enflammé dans un poste aussi technique et surtout aussi casse-gueule. L'industrie manufacturière n'a que peu d'avenir en France, mettre une telle pression sur un thème aussi peu prometteur, ça ne peut qu'être un piège...

• Nicole Bricq, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie

Le casting improbable. Mais qu'est ce qu'elle fout là ? Sa seule compétence, c'est les Finances. Le PS n'a d'ailleurs personne à mettre à sa place comme rapporteur général du Budget au Sénat. En plus, le périmètre du ministère, son rang protocolaire risquent de ne pas lui donner les moyens de mener à bien sa mission. Encore plus inquiétant, elle réunit entre ses mains, en plus des transports, l'environnement et l'énergie (dont le nucléaire). Elle est donc en charge de l'exploitation des centrales, et de leur sécurité. Le précédent gouvernement avait eu l'intelligence de séparer les deux fonctions, l'industrie ayant l'exploitation et l'environnement la sécurité. Par contre, l'habitat, l'équipement (les Travaux publics) lui échappent, alors que ce sont des compléments indispensables.

• Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social

Il fera bien le job.

• Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication

Attendue à ce poste, elle s'y est préparée. C'est casse-gueule, mais elle a le niveau. Plus en tout cas que ses prédécesseurs immédiats...

• Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Un apparatchik pour un poste d’apparatchik, où tout se joue à Bruxelles, dans des négociations marathon. J'espère qu'il comprend l'allemand et qu'il a un peu plus fréquenté Bruxelles qu'à ses débuts comme député européen. Ça sent quand même un peu la récompense accordée davantage à la fidélité qu'à la compétence.

• Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Élue de Grenoble. A part ça, et le fait que ce soit une femme et qu'il en faut pour la parité, je ne vois pas trop le sens. En plus, je n'aurais pas forcément érigé ce secteur en ministère de plein exercice. Mais bon, je la connais mal, elle peut bien se débrouiller. A voir à l'usage.

• Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement

C'est surtout porte-parole. l'autre machin, c'est histoire de dire qu'elle n'est pas que porte-parole. Cela dit, elle est mignonne et elle a de l'énergie. J'ai apprécié son courage à se présenter dans une circonscription structurellement de droite, en dédaignant les sièges en or qu'elle aurait pu se faire attribuer. Un beau potentiel qui a de l'avenir.

• Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense

C'est comme Charles Hernu, il faut un type qui n'a fait que ça depuis des années, qui connait le secteur de la Défense sur le bout des doigts. Dommage que son rang protocolaire révèle que ce ministère n'est pas si important que ça...

• Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique

Encore une has been qu'il fallait bien mettre quelque part pour éviter qu'elle ne mette la pagaille. Avec un peu de chance, elle sera battue aux législatives et on en parlera plus. Mais si ce n'est pas le cas, elle a du métier et fera sans doute honnêtement le job.

• Victorin Lurel, ministre des Outre-mers

Pourquoi avoir renouvelé l'erreur de mettre un ultra-marin au ministère de l'Outre-Mer ??? c'est dommage, car c'est quelqu'un qui a l'envergure pour être ministre et qui aurait pu être à un autre poste, ce nqui aurait sans doute davantage mis en valeur l'outre-mer.

• Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative

Vu qu'elle ne s'est occupée que de ce sujet depuis 2007, elle connait les dossiers. Et elle ne pourra pas être pire que ceux d'avant !

• Jérôme Cahuzac, ministre délégué à l'Économie, chargé du Budget

La compétence est indéniable. Mais pourquoi donc est-il seulement ministre délégué ??? La dette et l'équilibre des finances publiques, c'est le problème numéro 1 !

• George Pau-Langevin, ministre déléguée à l'Éducation, chargée de la Réussite éducative

Elle est très bien, mais c'est quoi son job, au juste ?

• Alain Vidalies, ministre délégué auprès du premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement

Il faut un "vieux" parlementaire pour ce poste. Mais connait-il assez le Sénat ? Parce que le problème de ce gouvernement, ça va être de tenir sa fragile majorité sénatoriale...

• Delphine Batho, ministre déléguée auprès de la Justice

A quoi sert un ministre délégué qui a le même intitulé que son ministre de tutelle ? Le cas Bockel nous a montré que c'est un placard. A moins que ce soit pour être l'oeil de Moscou qui va surveiller Taubira. Si c'est le cas, ça va chauffer. Attendons les décrets d'application pour en savoir plus, mais a priori, ça fait "ministre pour être ministre parce qu'il fallait des proches de Ségolène".

• François Lamy, ministre délégué auprès de l'Égalité des territoires, chargé de la Ville

Le bras droit de Martine. Je pense que c'est à peu près la seule raison de sa présence dans le gouvernement.

• Bernard Cazeneuve, ministre délégué auprès des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Spécialiste des questions de Défense. Que vient-il faire aux Affaires européennes ? En même temps, pourquoi pas.

• Michèle Delaunay, ministre délégué auprès des Affaires sociales, chargé des Personnes âgées et de la Dépendance

Elle connait le sujet, donc c'est assez logique de la retrouver là. Mais elle peut dire merci à Juppé, qui lui a gentiment servi de faire-valoir. Vu comme elle est "space" sur Twitter, gros potentiel comique, une peu à la Roselyne Bachelot, je parle et je réfléchit après.

• Sylvia Pinel, ministre déléguée au Redressement productif, chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme

Le quota femme-PRG. A défaut d'avoir Baylet, on a sa voisine et vassale. Pas plus mauvaise qu'une autre, pour un portefeuille très secondaire.

• Benoît Hamon, ministre délégué auprès de l'Économie, chargé de l'Économie sociale et solidaire

La caution aile gauche du PS, sur un sujet aile gauche du PS. Encore un beau poste communicationnel, car sans budget, on ne fait pas grand chose, à part faire de la calinothérapie pour coopératives auto-gérées.

• Dominique Bertinotti, ministre déléguée auprès des Affaires sociales, chargée de la Famille

Connait pas.

• Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée auprès des Affaires sociales, chargée des Personnes handicapées

Connait pas non plus

• Pascal Canfin, ministre délégué auprès des Affaires étrangères, chargé du Développement

Il fallait un autre Vert. Mais ce poste va comme un gant à un Vert, et en plus, celui-là me donne assez bonne impression.

• Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la Francophonie

Francophonie, oui, je vois bien et je comprend, mais pourquoi français de l'étranger ? La seule "société civile", les autres sont des politiques purs.

• Frédéric Cuviller, ministre délégué auprès de l'Écologie chargé des Transports et de l'Économie maritime

Transport et Mer. Voui, pas grand chose à dire

• Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du Redressement productif, chargée des PME, de l'Innovation et de l'économie numérique

Ahhhh ma copine ! Je sens que je n'ai pas fini de m'amuser. Pour le bien de la France et du numérique, bien évidemment. Pas un si mauvais choix. Elle va enfin avoir le temps de se former réellement au numérique. Elle a montré qu'elle avait des capacités à encaisser et qu'elle savait bachoter et qu'elle ne rechignait pas devant le boulot. On pourra peut-être en faire quelque chose...

• Kader Arif, ministre délégué auprès de la Défense, chargé des Anciens combattants

Les seuls anciens combattants qui sont encore en état de revendiquer, ce sont les anciens d'AFN. Il pourra s'occuper à la fois des anciens combattants, des rapatriés et des harkis. Méckachéra faisait ça très bien entre 2002 et 2007.