Joseph Macé-Scaron est embarqué dans une belle galère. Après un premier plagiat, repéré accidentellement, et dont il s'est défendu maladroitement, voilà qu'on en a trouvé au moins trois autres, dans ses livres, et que maintenant, on en trouve dans ses articles de presse. Une quelconque défense devient de plus en plus intenable, car il apparaît clairement que ce monsieur n'a aucune "démarche littéraire" et qu'il se contente de recopier, parce que ça va plus vite et que ça permet de "pisser de la copie".

C'est vrai qu'il est très occupé : Directeur du Magazine littéraire, directeur adjoint de Marianne, invité permanent des plateaux TV et radios. Tout cela prend du temps, et on se demande comment il pouvait en plus écrire des romans. Des gens comme ça ne doivent pas dormir beaucoup et n'avoir aucune distraction, aucun loisir. A moins d'avoir des facilités déconcertantes, fournir un travail de qualité demande du temps. Déjà, rien qu'assurer l'encadrement de deux titres (même si l'un est un mensuel), ça doit prendre un temps fou. En fait, il triche... On peut penser que beaucoup de ses collègues qui sont au même niveau d'activité trichent aussi... Ce n'est pas possible de faire autrement, je le vois bien avec les politiques, c'est rarement eux qui écrivent, pas seulement leurs bouquins (ça c'est rarissime) mais aussi leurs discours et leurs courriers. C'est tellement évident qu'on ne peut pas tout faire à la fois.

Et pourtant, quand on jette un oeil à ce qui est mis en avant dans notre "production littéraire", combien d'écrivains exercent d'autres activités très prenantes... Comment Eric Fottorino faisait-il pour être à la fois journaliste et patron du Monde, en même temps qu'écrivain ? Comment Luc Ferry trouve-t-il le temps de "penser", car il est censé être un "philosophe" donc un producteur de contenus de qualité ? Vu sa production, sa présence médiatique, je pense qu'on en trouverait des belles dans ses différents ouvrages. Le pire, c'est que l'ensemble du système médiatique fait semblant de ne rien voir et encense ces auteurs issus de son sein, qui sont à la fois critiques littéraire, éditeurs et écrivains. En matière de conflits d'intérêts, le monde politique, c'est rien à coté de l'édition...

Que va-t-il arriver à Macé-Scaron ? La même chose qu'à PPDA, c'est à dire rien. Il va garder toutes ses places, ses piges, ses ronds serviettes à la télévision. Il va se faire un peu discret pendant quelques mois, et dans un an ou deux, il publiera un roman et ça repartira comme avant. Cette médiocrité se retrouve aussi dans d'autres domaines de la "culture", comme la production audiovisuelle (ah les séries TV françaises...) protégée, voire encouragée par des mécanismes protecteurs comme les quotas de diffusion, l'exception culturelle, les prélèvements sur les secteurs prospères (taxe copie privée, niches fiscales en pagaille...). Pas question évidemment de remettre cela en cause, sinon, gare ! Les responsables politiques qui auraient le courage (ne riez pas), ne serait-ce que de demander des comptes et d'évaluer l'efficacité du bouzin se feraient lyncher... Pour ça par contre, les cultureux médiatiques sont très bons, les meilleurs du monde même !