Le pape accorde des indulgences pour les JMJ. Ce qui me rassure, c'est que certains catholiques semblent trouver cela un peu "déplacé" et se demande si c'est bien nécessaire. Un vent de révolte donc ! Vu du protestant, les indulgences sont un véritable scandale. D'abord, le Salut est obtenu par la Foi, donné par Dieu sans que nous ayons à faire quoi que ce soit. Prétendre vendre ou être un intermédiaire obligé pour obtenir quelque chose de totalement gratuit et offert à tous relève de l'escroquerie.

J'ai lu le décret pontifical. J'ai également lu les quelques documents que mes bons "amis" du salon beige ont mis en ligne sur le statut des indulgences. Je vous invite à les lire, c'est édifiant ! La première chose qui m'a frappé, c'est le style. On est dans le jargon le plus total, de la langue de bois comme même les politiques n'arrivent pas à en faire : "La Pénitencerie apostolique, ayant exposé ces considérations au Saint-Père, a reçu la faculté spéciale de déclarer, à travers le présent Décret, le don de l’Indulgence, selon l’esprit du Souverain Pontife en personne, comme il suit:". Et on s'étonne que les catholiques soient de plus en plus une communauté refermée sur elle-même. Parler en langage courant est une nécessité absolue si on veut être compris de tous. Ça ne semble pas être compris par la hiérarchie catholique... Ce qui m'a également frappé, c'est l'aspect profondément infantilisant de l'indulgence. La lecture du décret m'a fait penser aux sucettes et bonbons qu'on promet aux enfants pour qu'ils se comportent bien. Si tu fais pieusement tes JMJ, tu auras une belle indulgence plénière (pour en faire quoi ?). Même si vous n'y êtes pas, vous aurez quand même un bout d'indulgence, mais il faudra avoir au moins l'âme contrite. Comme si ceux qui allaient aux JMJ le faisaient pour avoir des indulgences...

Les quelques objections qui peuvent être opposées sur la base de versets bibliques, du genre "tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux" me font bien rire. Moi aussi je peux sortir des passages de la Bible, où il est dit explicitement que le Christ ne voulait surtout pas d'un clergé, comme l'épisode des marchands du Temple, ou encore, dans les Actes des Apôtres, l'épisode du mage Simon, qui cherche à acquérir le pouvoir de faire des miracles, et donc se présenter comme l'intermédiaire avec le divin. Ces indulgences, c'est surtout un moyen pour l'appareil administratif de l'église catholique d'affirmer, une fois de plus, son pouvoir : "hors de l'église, point de salut". Un peu le serpent qui se mord la queue, car on va vite sur une pente où une institution finit par ne plus parler que d'elle-même, de son pouvoir et de sa survie, au détriment du reste.

Qu'il faille un minimum de structure pour l'organisation et la transmission, nous en sommes tous d'accord. Mais pourquoi avoir une infrastructure aussi lourde et pesante que le Vatican, quand une structure légère comme celles mises en place par les églises de la Réforme suffisent ?