Olivier Poivre d'Arvor a vu la Vierge et le raconte aujourd'hui dans le Monde. Il a écouté Martine Aubry, venu parler aux cultureux subventionnés dans leur QG d'Avignon, et a cru entendre qu'elle allait augmenter de 50% le budget de la Culture. En arrondissant à la centaine de million supérieur, ça donne un milliard. Il se prend alors à rêver, nous ressortant les mânes de Jack Lang, qui fit tant pour cette culture élitiste et l'inondant d'argent public. Suit un texte absolument indigent, où il n'est dit nulle part ce qu'il faut faire de cet argent, quelles sont les priorités culturelles. Juste une ode au financement public de la Culture...

C'est là qu'on voit que certains ne changent pas en France. Tout dans la Tribune d'Olivier Poivre d'Arvor respire le conservatisme, le clanisme et l'élitisme. Sa position, est qu'il faut donner toujours plus d'argent public, ne surtout pas forcer les cultureux à rechercher des fonds privés, et enfin, ne surtout pas leur demander de comptes. Est-ce vraiment pour ça qu'est fait le ministère de la Culture ? Certainement pas, mais depuis des décennies, ce ministère s'est fait capturer par le milieu culturel. Le grand oublié, c'est le public. A aucun moment, la rue de Valois ne cherche à améliorer l'accès du public à la culture. Elle part du postulat que ça se fait tout seul, que ce n'est pas son rôle. Le ministère de la Culture doit aider les créateurs, c'est à dire organiser l'arrivée de l'argent par le biais de taxes sur les secteurs qui en ont, protéger les intérêts des industries culturelles, considérées comme seules capable de faire émerger la création, y compris en tapant comme un sourd sur le public. Le tout sans demander de comptes, sans évaluer...

Je rêve d'un ministère de la Culture qui soit un régulateur, qui évalue, contrôle et ne soit pas simplement un robinet d'argent public. Je rêve d'un ministère de la culture qui se préoccupe de l'accès à la culture, c'est à dire du public, ainsi que des créateurs (les vrais, les artistes) et qui cesse d'être le valet d'entreprises de distribution et de petites coteries parisiennes qui font de l'élitisme sur fonds publics. Bref, je rêve d'un ministère de la Culture qui soit aux antipodes de ce que veut Olivier Poivre d'Arvor...

Je sais que je rêve, car il n'y a plus, nulle part, d'ambition culturelle. A Droite, la Culture est vue en terme de communication et d'emplois dans les industries culturelles. La qualité du contenu importe peu, le but est de remplir les caisses des maisons de production et des chaines de télévision. A gauche, ce n'est guère mieux. On le voit avec Martine Aubry, qui promet davantage d'argent mais ne dit pas pour quoi faire. On est dans la démagogie à l'état pur, dans le clientélisme électoral. Quant à François Hollande, on attend encore !