Ce week end, j'ai pu découvrir ce jugement rendu par le TGI de Paris. Il est à lire absolument, car c'est à pleurer de rire. Mais c'est aussi, au delà de l'humour, un texte profondément intelligent sur ce qu'est juger.

Dans cette affaire, le juge doit trancher sur une plainte d'une ancienne participante à une émission de télé-réalité contre un magazine people de seconde zone, pour atteinte à la vie privée. On est à la limite du sordide, tant l'affaire est pitoyable, des deux cotés d'ailleurs. Le juge exprime très clairement cela, avec une cruauté jubilatoire, tant sur le fond de l'affaire que sur le couple téléréalité-magazine people, qui de concert, vendent du vide et où la plainte pour violation de la vie privée sert à régler un différend commercial et/ou à mettre un peu de piment afin de relancer l'intérêt du public en faisant croire que ce n'est pas du chiqué.

On sent que le juge n'a qu'une envie, c'est d'envoyer balader tout ce petit monde. Mais il ne le peut pas, car doit trancher tout litige qui lui est soumis, sous peine de déni de justice. Il se penche donc sur le dossier et reconnaît que, formellement, la plaignante est dans son droit. Il décide donc de lui accorder un euro de dommages et intérêts, soit le strict minimum. Et surtout, il termine sur cette phrase magnifique : "le juge ne l'est pas plus (rancunier) à l'égard d'aucune d'entre elles (les parties), mais il a un exigeant métier qui le retient à de plus amples tâches". On peut traduire cela par "vous êtes marrants, mais j'ai autre chose à faire que de m'occuper de vos conneries".