Par le biais d'Aliocha, je suis tombé sur cette chronique d'arrêt sur image, concernant l'affaire d'espionnage chez Renault. Dans ce qu'il faut bien appeler un billet de blog militant, l'auteure voit dans cette affaire le mal néo-libéral en action. En fait, si tout ça est arrivé, c'est la faute du néo-libéralisme.

Cet enregistrement de la mise à pied est effectivement effrayant, mais j'ai immédiatement pensé à Kafka et à un procès stalinien, où la machine broie complètement un individu innocent. Cela n'excuse pas le DRH, mais il n'est à ce moment là qu'un rouage d'une machine. Nous sommes là devant un problème de nature humaine et de psycho-sociologie des organisations. Une lecture pertinente pour comprendre serait "la banalité du mal" de Hannah Arendt, où elle analyse comment un bon père de famille, homme consciencieux et finalement banal, nommé Eichmann, peut devenir le logisticien de la Shoah.

Cet épisode nous montre que nous sommes devant un phénomène qui peut arriver dans tous les systèmes, et que se servir de cela pour attaquer le "néo-libéralisme" est tout simplement de la courte vue militante. C'est d'autant plus stupide que le libéralisme est justement le système où une telle dérive peut être le plus facilement corrigée. La position du DRH n'a pas été avalisée sans questionnement, bien au contraire. Une enquête a été menée sur l'enquête, montrant que ce n'était qu'un château carte bâti sur du sable. A partir de là, c'est l'accusateur qui s'est retrouvé accusé, le banni étant réintégré avec reconnaissance éclatante de son innocence. Dans le système soviétique, ce retournement ne risquait pas d'arriver.