Après la séquence islamophobie, l'UMP change de cible et s'attaque maintenant au Parti socialiste, avec une série de critiques sur son programme et sur l'organisation de sa primaire. On revient dans un jeu politique beaucoup plus classique.

La première série de question porte sur l'usage qui sera fait des listes électorales. Leur caractère de document public ne fait aucun doute et, à part quelques mesquineries comme la fourniture uniquement sous format papier, le Parti socialiste y aura accès. De cette opération, naîtra un fichier des sympathisants. Rien que pour ça, c'est une excellente opération pour le PS. Là, on peut commencer à poser la question du respect des lois, notamment celle de 1978 sur les données personnelles. La réponse ne sera pas difficile à apporter, vu que le PS semble avoir préalablement travaillé avec la CNIL. Il suffira de publier les recommandations de la CNIL et de mettre en place un dispositif permettant de constater, dans la transparence, que toutes les recommandations de la CNIL ont été mises en oeuvre. Là dessus, je ne suis pas inquiet.

Deuxième série de critiques, celles qui portent sur l'obligation de payer une somme symbolique et de signer une déclaration d'adhésion aux valeurs de gauche pour participer à la primaire. A mon avis, il n'y a rien d'illégal dans tout ça. Au plus un peu de ridicule pour la déclaration d'adhésion, et surtout, une magnifique opération financière qui doit être regardée de près. Une somme importante en liquide va être récoltée. Immédiatement, le mot "blanchiment" vient à l'esprit. Tellement facile de gonfler les chiffres de recettes, même s'il sera assez difficile de trop les gonfler, vu qu'il y aura publication du résultat du scrutin, donc du chiffre de la participation. Sauf si le PS décide de ne pas fixer le montant, ou alors seulement un minimum, laissant chacun apprécier le niveau de l'aide financière qu'il entend accorder au PS. Les socialistes ont intérêt à être super-réglo, et même s'ils le sont (ce qui risque d'être à géométrie variable selon les fédérations), la suspicion planera toujours...

Troisième point sur lequel le PS va avoir un peu plus de mal à convaincre, c'est celle de l'intégration des dépenses (et accessoirement des recettes) dans le compte de campagne. Il est clair que cet événement va être très médiatisé, avant, pendant et après. Les différents candidats, et notamment le vainqueur vont bénéficier d'un effet très direct, par une visibilité médiatique. On peut aussi considérer que le fichier de sympathisants créé à cet occasion va servir pour la campagne électorale. On peut alors considérer que cet événement concourt à "l'obtention des suffrages" et doit donc être intégré au compte de campagne, du moins en partie.

Les cris d'orfraie des socialistes sur ces questionnements sont exagérés, mais font aussi partie du jeu politique. Qu'il y ait une certaine mauvaise foi et une instrumentalisation médiatique de la part de l'UMP est indéniable et le PS aurait tort de se priver. Mais les questions soulevées sont légitimes et ne sauraient rester sans réponse sur le fond.