Les grands gouvernements de la planète, à commencer par les USA, ont de sérieuses raisons de ne pas aimer Wikileaks. Qu'ils souhaitent empêcher l'hébergement des documents que Wikileaks se propose de publier est parfaitement logique. Qu'ils soient prêts à employer pour cela tous les moyens, légaux ou moins légaux est parfaitement compréhensible (cette remarque ne vaut pas approbation des méthodes qui pourraient être utilisées). C'est quelque part le premier vrai test, grandeur nature, d'une tentative de censure.

Les gouvernements jouent gros, et risquent de perdre gros, car ils s'attaquent à très forte partie. Même si l'idéologie de transparence absolue de Wikileaks n'est pas partagée par tous (loin de là même), les traquer comme cela est fait actuellement ne peut que leur apporter sympathie et soutien sur un internet très marqué par la culture libertaire. Il n'est jamais bon de transformer ses adversaires en martyrs. Pareillement, s'amuser à traquer des informaticiens chevronnés sur la toile, c'est aller sur leur terrain et prendre le risque d'une défaite cinglante, qui fera date. Enfin, c'est prendre le risque d'utiliser des outils juridiques fragiles, et en allant au bout, de montrer leurs limites.

Je ne sais pas où cela va mener, mais quelqu'en soit le résultat, il fera date dans la saga de la "régulation" de l'internet. Nous sommes à un moment critique, et comme toujours, c'est arrivé très brutalement, sans signe avant-coureur (ou presque). Ce n'est pas pour autant la fin de l'histoire, car des enseignements seront tirés des réussites et des échecs des uns et des autres.