Bertrand Cantat remonte sur scène. 7 ans après le drame de Vilnius et la condamnation (purgée) qui a suivi, Bertrand Cantat reprend ses activités professionnelles. Pour moi, rien que de plus normal. Il est en règle avec la justice, il est quitte. Mais visiblement pas pour tout le monde. Dans cet article, l'auteure lit dans ce retour sur scène de Cantat une "tolérance vis-à-vis de la violence faite aux femmes". C'est typiquement la réaction de militants, pour qui les peines prononcées sur les sujets qui les intéressent sont trop douces. A l'écouter, il aurait fallu imposer une autre peine à Bertrand Cantat, celle d'interdiction de redevenir un homme public.

Compte tenu de ce qu'est devenu notre système médiatique, on pourrait craindre de voir Cantat redevenir une personne "adulée" et admirée", faisant passer par pertes et profits sa condamnation. Si le star-système veut "exploiter" au mieux l'artiste Cantat, il faut faire oublier, ou tout au moins dévaloriser la "tache" que représente cette condamnation sur sa réputation, et donc sa capacité à vendre des albums et générer des profits. Le pire serait qu'il exploite ce drame pour relancer sa carrière. Mais, en l'espèce, cette crainte m'apparaît infondée. D'abord, la famille Trintignant veille, et je doute qu'elle laisse médiatiquement passer des choses qui dévaloriseraient ou excuseraient le geste de Cantat. De plus, cette affaire ayant été suffisamment médiatisée, elle ne risque pas de retomber dans l'oubli. Le Cantat d'après ne sera jamais plus celui d'avant et quelque part, c'est ce changement qui est la meilleure garantie.

Surtout, je crois à la possibilité de la rédemption. On peut fauter, tous. On paie, c'est normal. Cantat (contrairement à Delarue qui n'en est qu'au début des emmerdes) a payé, et il a payé le juste prix, ce qui aurait été donné à un individu lambda dans la même situation. 7 ans de prison, avec libération conditionnelle a mi-peine. Cantat a d'ailleurs respecté l'obligation de ne pas s'exprimer en public sur l'affaire et a été d'une discrétion exemplaire. Pourquoi ne pas lui faire confiance pour la suite ? Pourquoi ne pas croire qu'il puisse avoir changé, qu'il puisse avoir droit à une seconde chance ?

Enfin, et là, je vais en faire hurler certains, beaucoup vont écouter Cantat pour sa musique et son talent artistique, pas pour sa personne. On sait que bien souvent, les gens de talent ne sont pas forcément des "nice guys", et certains auteurs de génie peuvent avoir été de parfaits salauds. Qui peut nier le génie littéraire de Céline ? Et pourtant, ce fut un beau collabo, qui n'a pas renié grand chose. Il faut faire confiance au public, qui sait faire la part des choses entre l'œuvre et l'homme. Chacun est assez grand pour se faire lui-même son opinion. Le problème, c'est que les militants aimeraient tant imposer leurs idées aux autres...