Le collectif "regards citoyens" continue son travail de surveillance sur travail parlementaire. Ce groupe d'experts du parlement est sur tous les fronts, avec un suivi dans la durée qui n'a rien à voir avec celui des médias, dont la mémoire ressemble parfois à celle d'un malade d'Alzheimer.

Premier chantier, l'assiduité parlementaire. Les députés doivent pointer en commission le mercredi matin. A défaut d'être une garantie de participation effective aux travaux de la commission (certains signent et repartent aussitôt) cela les obligent à être présents à Paris. De ce fait, ils sont quand obligés de travailler, ne serait-ce que pour s'occuper. On en a beaucoup parlé au moment de la mise en place, et puis plus rien, sauf chez Regards citoyens ! Ils ont fait les pointages (les données sont publiques, il suffit de les agréger) et se sont donnés la peine de vérifier les absences, pour savoir si elles étaient justifiées, y compris en appelant. C'est très exactement le travail d'un journaliste !

Deuxième chantier, les textes et le travail de fond. Après une première expérience sur la loi de simplification du droit, ce collectif a mis en ligne le projet de loi sur les retraites, de manière lisible et commentable. Les citoyens peuvent ainsi commenter et échanger sur le fond, les parlementaires pouvant s'approvisionner en arguments et exemples. Si pour l'instant, la participation citoyenne n'est pas très fournie, l'outil est là et ce n'est sans doute que petit à petit qu'une communauté se l'appropriera. Je pense que c'est par le biais de ce genre d'initiatives que l'on fera évoluer en profondeur le travail parlementaire, les députés se retrouvant contraints d'évoluer.

Le combat pour la transparence du travail parlementaire (et contre les huis clos) est primordial. Comme toujours, c'est l'information et son contrôle qui sont au coeur du pouvoir.