Les emmerdes volent en escadrilles. Cela se confirme pour l'UMP et le gouvernement, avec les ramifications des différentes affaires en cours touchant des membres du gouvernement qui mettent une lumière très crue sur le fonctionnement de l'Etat.

Tout d'abord une suite de l'affaire Woerth-Bettencourt, l'écurie de course de Madame Woerth. A priori rien à voir avec Madame Bettencourt, mais une fois que les médias ont décidé de labourer le champ, tout y passe. Et là, L'Express a levé un beau lièvre. On découvre au fil de cet article des éléments bien gênants pour Eric Woerth, car là, contrairement à d'autres affaires, il pourrait bien y avoir prise illégale d'intérêt, en tout cas, conflit d'intérêt clair et évident. On y voit par exemple que le ministre a porté, de longue date, le projet de loi de libéralisation des jeux en ligne, alors que sa femme a des intérêts financiers dans le sport hippique, qui n'a eu qu'à se louer de cette loi. Mais s'il n'y avait que cela. Dès 2007, un membre éminent de ce milieu, lié à l'Aga Khan qui a beaucoup fait pour le chateau de Chantilly, est recruté comme "conseiller spécial", justement chargé de préparer ce texte sur les jeux en ligne. Et comme par hasard, il quitte le cabinet du ministre pour prendre le poste de directeur général de... France Galop. La commission de déontologie a-t-elle été saisie ? Il y a pourtant largement de quoi émettre de sérieuses réserves. Au passage, on se rend compte que tout ce beau monde s'est gavé sur le dos de l'Etat par le biais du détournement d'un dispositif fiscal mis en place en 2007.

Deuxième affaire, celle des cigares de Monsieur Blanc, où en creusant un peu, on tombe sur des trucs pas tristes, là encore, merci l'Express. Dans certains cabinets, on sait se faire plaisir, et dans celui de Blanc, il n'y avait pas que le patron à se gaver aux frais de l'Etat. Le tout sans que personne ne contrôle rien, alors que tout cela relève de la comptabilité publique. Dans d'autres endroits, on s'envoyait des tournées générales de médailles... Je pense que si on regardaient leurs notes de frais, on ne serait pas déçu. Malheureusement, je suis à peine étonné par cela. Vu les avions d'Estrosi et de Joyandet, les logements de fonctions du même Estrosi et de Fadela, les dépenses de voyages de Rama Yade, il n'y a aucune raison pour que les subalternes se comportent autrement que leurs chefs.

Pris séparement, ça ferait déjà tache, mais là, l'accumulation commence à faire beaucoup, vraiment beaucoup. Une réaction vigoureuse s'impose si Sarkozy veut casser cette spirale infernale. Pas seulement dans le changement des hommes, mais aussi dans les pratiques. Là, ce n'est pas du symbolique qui est demandé !