Après Christine Boutin, c'est Henri de Raincourt qui est pris la main dans le sac du cumul emploi retraite. Il a avoué, sur Public Sénat, toucher une retraite de sénateur. Ses explications sont évasives, voire fumeuses !

Il affirme ne toucher qu'une partie de sa retraite, n'ayant pas siégé assez longtemps pour toucher une retraite pleine. Il a siégé de 1986 à 2009, soit 23 ans. Dans un document publié par Rue89, on voit qu'un sénateur ayant siégé 19 ans (deux mandats) touche 6 757,36 euros. Cela mérite quelques détails supplémentaires, car il y a peut-être des règles d'écrêtement des indemnités quand on est ministre. Et il lui suffit de regarder son relevé de banque pour savoir combien la caisse de retraite du Sénat lui verse tous les mois...

Deuxième sujet d'étonnement, le fait qu'Henri de Raincourt ait déjà liquidé sa retraite. Réélu sénateur de l'Yonne en 2004, son mandat court jusqu'en 2014. A priori, en 2012, sa reconduction au gouvernement n'est pas assurée. Il devrait donc retrouver automatiquement son siège de sénateur pour le temps restant, soit quand même deux ans. Cela voudrait-il dire qu'Henri de Raincourt n'envisage pas de réintégrer le Sénat à l'issue de ses fonctions ministérielles ? Ou alors, la liquidation de la pension de retraite des sénateurs est automatique dès la cessation de leur mandat quand ils ont plus de 60 ans ? Dans ce cas là, il y a un léger dysfonctionnement au Sénat qu'il faudrait corriger.

Les élus savent pourtant que le sujet est sensible. Que ce soit le montant de leurs revenus, leur logement, ils sont attendus au tournant et les français détestent ces petits privilèges, surtout ceux des autres et en particulier de ses dirigeants. Et pourtant, il y en a toujours pour se faire prendre...