Le cardinal Bertone, numéro 2 du Vatican a récemment dérapé en parlant d'un lien entre homosexualité et pédophilie. Position idiote, tout le monde ou presque en convient. Mais fallait-il vraiment que la diplomatie française prenne position comme elle l'a fait, de manière très officielle ? Personne ne semble s'être posé la question...

C'est très bien que "La France rappelle son engagement résolu dans la lutte contre les discriminations et les préjugés liés à l’orientation sexuelle et l’identité de genre". On aurait aimé la même vigueur, voire même un début d'action diplomatique sur ce sujet en Ouganda, où l'homosexualité est passible de la peine de mort (avec risque de mise en application). Et surtout, faut-il risquer de se fâcher avec le Vatican pour ça ? Dans le monde habituellement feutré de la diplomatie, une telle prise de position officielle tient de la gifle publique. Personnellement, j'estime que la diplomatie française a bien autre chose à faire, et que mettre en avant un tel "engagement" relève de l'hypocrisie quand sur bien d'autres sujets plus graves, on ferme notre gueule et on s'écrase après quelques protestations de pure forme (Tibet, Iran...).

Pour comprendre les dessous de cette prise de position surprenante, ne comptez pas sur la presse française. Heureusement, il y a la presse étrangère. La lumière m'est venue du blog, en italien, d'un vaticaniste, qui suggère lourdement (en balançant le nom) que ce serait le résultat de la vengeance d'un haut fonctionnaire du quai d'Orsay, que la France avait proposé comme ambassadeur auprès du Saint Siège (l'un des postes les plus prestigieux de la diplomatie française) mais qui avait été récusé par le Vatican pour cause de militantisme gay.

Si cela est avéré, cela éclaire sous un jour un peu inquiétant le fonctionnement de notre diplomatie...