Madame Duflot vient d'annoncer que si elle préside la région Ile-de-France, elle ne contractera plus d'emprunts auprès des banques ayant des filiales dans les paradis fiscaux. C'est de la démagogie à l'état pur !

Une collectivité locale, ce n'est pas un particulier. Quand une région, à fortiori la région Ile-de-France, emprunte, ce n'est pas trois euros, ni même 3 millions, mais plutôt 30 millions. Cela ne se négocie pas par le biais de la CAFPI ou avec le conseiller commercial de l'agence du coin de la rue. Le profil est spécifique, et c'est un service à part entière, dans lequel certaines banques se sont spécialisées (Dexia par exemple). Au final, ce sont quelques grands établissements qui peuvent faire des propositions aux collectivités locales. Or, toutes ou presque ont des filiales dans les paradis fiscaux.

En fait, Madame Duflot peut faire ce genre de propositions car la Région Ile de France a une surface financière suffisante pour passer par dessus les banques et se finance directement sur les marchés financiers. Elle le fait d'ailleurs depuis 2001. Facile, dans ses conditions, de renoncer, pour des raisons éthiques, à travailler avec les grands groupes bancaires français...

Le raisonnement n'en est pas moins choquant, car pour les collectivités de taille plus modeste, le recours aux banques est un passage obligé. Se mettre de telles conditions, c'est prendre le risque de devoir emprunter à un coût plus important (vu qu'on a réduit le nombre de partenaires possibles). Au final, c'est le budget de la collectivité qui trinque, sans pour autant que la lutte contre les paradis fiscaux ait progressé. Il faudra autre chose pour que les grandes banques françaises ferment leurs filiales dans les paradis fiscaux.

Pour les Verts, les collectivités locales doivent s'impliquer, y compris financièrement, dans les "luttes politiques". Ce n'est certainement pas mon opinion. Un conseil régional à certainement autre chose à faire de son argent que ça !