Attali revient ! Après son rapport sur "la libération de la croissance française", pondu juste avant la crise, le voilà qui revient pour voir ce que ça a donné et en remettre une couche. C'est à la fois comique et intéressant.

Jacques Attali est l'exemple même de l'intellectuel français. Esprit brillant, il peut fasciner un auditoire par son brio oratoire, la fulgurance de ses intuitions et son sens aigu de la communication. Dans la même espèce, on a BHL, plutôt branché milieux littéraires et Minc branché milieux d'affaires. Mais malgré leur brillants résultats comme bêtes à concours, on ne peut guère les employer ailleurs que dans le consulting et l'épate médiatique. Toute tentative de leur confier des responsabilités exécutives n'a donné que des résultats désastreux. Leur longévité et leur carrière devrait les éliminer complètement des projets qui nécessitent innovation et efficacité. Et bien non, ils sont toujours dans le premier cercle du pouvoir, quelque soit son occupant d'ailleurs. Cela, il le doivent au maniement expert du carnet d'adresse, mais ce n'est pas là le sujet de ce jour.

Attali revient donc. Cela a donné lieu à une amusante course poursuite entre nos deux duettistes de la majorité, bip-bip et le coyotte Copé et Accoyer, le premier anonçant la nouvelle il y a quelques semaines en réunion de groupe, devant des députés médusés (certains ont cru à un gag) et le second s'empressant, dans sa foulée du premier, de reprendre le dossier à son compte en fixant les modalités de ce qui est ... une mission confiée par Nicolas Sarkozy. Nos responsables parlementaires semblent se gargariser de pouvoir "travailler en amont", dans une forme de "coproduction". C'est triste, car quand le Parlement est en amont, c'est en général que le sujet n'est pas tellement important. A ce que j'ai cru comprendre, le travail avec le Parlement concernerait surtout le bilan des mesures proposées par le premier rapport Attali, en 2008. Par contre, il ne semble pas que les députés soient associés au deuxième volet de la mission, qui consiste à formuler de nouvelles propositions...

Le contexte économique mondial ayant légèrement changé, rien que la relecture du rapport (que j'ai ressorti de mes archives) ça peut être très amusant. Si un travail de fond est réellement mené sur l'apport réel de ce rapport, ce sera un plus et cela donnera une idée de la manière dont est décidée la politique française. On verra si Attali a été réellement écouté. On saura alors comment prendre le nouveau rapport qui sortira...