Le groupe UMP à l'Assemblée nationale a lancé, il y a quelques mois, un groupe de travail intitulé "éthique du numérique". Après avoir auditionné, ce groupe piloté par le député Hervé Mariton lance un site internet, afin de recueillir les avis des internautes. Les grands sujets sont évoqués : droit à l'oubli, protection des données personnelles, neutralité des réseaux, propriété intellectuelle à l'ère du numérique. Il faut s'inscrire pour pouvoir contribuer.

Cette initiative n'est pas anodine. Elle montre que les députés UMP ont bien reçu le message "hadopi". Ils se sont pris les internautes de plein fouet, ont compris qu'il y avait un problème qu'il fallait traiter, et que la meilleure solution, c'est encore de reprendre les choses à la base. Bref, ils font après hadopi ce que le gouvernement aurait du faire avant. Ce groupe de travail est déconnecté de tout enjeu législatif, de toute pression de l'exécutif, ce qui le rend très libre. Les quelques députés UMP qui travaillent le sujet (une dizaine au maximum, dont six vraiment assidus) sont dans une position d'écoute et d'apprentissage. J'insiste bien sur cet aspect "main tendue", qu'il ne faudrait pas gâcher par des commentaires intempestifs d'imbéciles militants.

J'incite tout ceux qui ont quelque chose à dire (donc une minorité) à contribuer, à exposer leur vision de l'internet, en restant si possible dans le cadre fixé par ce site. Si on part dans tous les sens, il n'en sortira rien de bon. Un fragile dialogue s'amorce entre certains parlementaires et le monde de l'internet. C'est fragile, car le passif est lourd, des projets lancés depuis longtemps sont en cours et ne vont pas dans le bon sens, bon nombre de ces députés n'ont pas une maîtrise technique du sujet et ce petit groupe n'est qu'une avant-garde, qui doit s'éclairer elle-même avant d'aller évangéliser ses collègues. Mais si on veut qu'une nouvelle "doctrine" de l'internet émerge, que les textes législatifs sur ce sujet soient examinés différemment, c'est possible, à condition d'accepter cette main tendue et de se mettre au travail.