La France est un pays où les acteurs économiques ne savent pas vivre sans aides publiques. C'est même un dû ! Dernier exemple en date, l'industrie des jeux vidéos. Elle bénéficie déjà d'un crédit d'impôt, créé lors de la loi sur la télévision numérique, en 2007. A l'époque, on avait justifié ce crédit d'impôt sur le fait que les jeux vidéos relèveraient de la ... création artistique !

Mais il faut un investissement de 150 000 euros minimum pour en bénéficier, ce qui laissait en dehors du champ les petits projets. Le député relais de ce lobby a donc fait adopter par l'Assemblée nationale un amendement abaissant ce seuil à 100 000 euros. Adopté une première fois en fin d'année 2009, dans le cadre de la loi de finances rectificative, il avait été retoqué par le Sénat, qui considérait (à juste titre selon moi) que le trésor public n'est pas une vache à lait.

L'industrie du jeu vidéo persiste, en redéposant l'amendement, à nouveau adopté lors de la dernière loi de finances rectificative avec le soutien assez inattendu du communiste Jean-Pierre Brard (qui doit avoir été sensibilisé aux emplois du secteur se trouvant sur sa circonscription de Montreuil). Le gouvernement y était toujours aussi défavorable, toujours pour les mêmes raisons. Le lobbying a également été fait auprès du Sénat, où des arguments supplémentaires ont été développés. L'euro fort, la concurrence du Québec, la distorsion de concurrence entre jeux sur supports physiques et jeux dématérialisés sont avancés pele-mêle, sans convaincre le rapporteur général du Budget au Sénat.

Nous sommes ici dans un cas d'école. Un secteur économique dynamique, sur un marché porteur, le développement des jeux vidéo, se tourne vers l'Etat pour lui réclamer de l'argent. Il arrive à ses fins, et dès l'année suivante, en demande encore plus. Le tout aux frais du contribuable.

Et après, on s'étonne d'avoir un déficit budgétaire structurel...