BHL est un exemple parfait de la décadence de notre pays dans le domaine littéraire. Le copinage, les petits réseaux et la consanguinité entre l'édition et la presse nous ont fait passer du statut de grande nation à celui de vieille gloire décatie qui vit sur les vestiges d'une splendeur passée. Les péripéties autour de la parution de ses deux derniers livres sont éclairantes.

En quoi consiste ces deux oeuvres. La première est une compilations de textes déjà publiés ailleurs. Rien de bien palpitant ni de neuf, mais quand on s'appelle BHL (ou Sollers), on a quand même droit aux honneurs des suppléments littérature et Culture de la presse française. Le second est la version remaniée d'une conférence donnée en 2009. Là encore, rien de neuf à en tirer. Juste des redites dont on fait une exploitation éditoriale. Le tout dans le style ampoulé de BHL, dans le genre jargonnant et à l'emporte-pièce ou le coté bravache dissimule mal l'absence de fond.

Le plus amusant, c'est que dans l'un de ces ouvrages, on s'aperçoit que BHL fait référence à une philosophe qui n'existe pas. Cela casse un peu (voire même beaucoup) l'apparence de sérieux. C'est même franchement risible et beaucoup ne se privent pour se marrer. Des conférences données juste après la guerre aux néokantiens du Paraguay, un livre intitulé "Landru, précurseur du féminisme" (j'en ai pleuré de rire) ça sent le fake à plein nez. Le pire, c'est qu'une simple recherche sur Google permettait de découvrir la supercherie en quelques minutes. Du nègre à l'imprimeur, en passant par l'auteur, le correcteur, l'éditeur, personne n'a rien vu, aucune alerte ne s'est déclenchée.

Malgré tout cela, le livre est encensé par la "critique" et notamment une certaine Christine Angot, elle aussi au coeur du système où les auteurs sont aussi éditeurs et critiques littéraires, pratiquant copinage et renvois d'ascenseurs à l'échelle industrielle. Sur ce coup là, Angot a fait fort, et ça passe dans "le Point" sans la moindre difficulté. Après ça, les journalistes s'étonnent de leur perte de crédibilité. Ils devraient pourtant se rendre compte que depuis de longues années, ils ne sont plus écoutés par le public, sauf quelques individualités qui ont une réputation personnelle.

Le pire, je crois, c'est que cette fumisterie intellectuelle de BHL est connue depuis plus de 30 ans. Cela ne l'a pas empêché de devenir une figure majeure de l'intellingensia parisienne. Il faut dire qu'il a un culot et un aplomb phénoménaux, dont il continue à faire preuve. Mais malheureusement pour lui, cela ne peut pas tenir lieu de talent littéraire ni de génie intellectuel. Pauvre France...