Une vague d'inquiétude s'abat sur les fonctionnaires : ils pourraient être licenciés...

Salarié de droit privé, je vis tous les jours avec cette perspective, avec un pic de probabilité tous les cinq ans. Je vis très bien, et jusqu'ici, je n'ai jamais eu à prendre le chemin de pôle Emploi. Que cette réforme puisse effrayer les fonctionnaires me surprend un peu, d'autant plus que les dispositions qui les agitent en ce moment ne sont pas franchement menaçantes.

En cas de suppression de l'emploi du fonctionnaire, il est mis dans une filière de réorientation professionnelle. Il fait alors un bilan de compétence, émet des souhaits, monte un plan de reconversion. Il peut effectivement être mis en disponibilité d'office s'il refuse trois postes, proposés de manière ferme, correspondant à son grade, à son projet professionnel, à sa situation de famille et à son lieu de résidence.

D'abord, il n'est pas licencié, mais mis en disponibilité d'office. Ce n'est pas pareil. La disponibilité est un statut qui permet au fonctionnaire de quitter temporairement la fonction publique pour aller faire autre chose. Ce qu'il veut. Pendant ce temps, il n'est pas payé par l'administration et cette période ne sera pas prise en compte pour le calcul de sa retraite de fonctionnaire. Il peut revenir sans problème au sein de la fonction publique une fois sa mise en disponibilité terminée. Des fonctionnaires en disponibilité, il y en a plein en France, souvent très heureux de l'être. J'insiste bien, ce n'est pas un départ définitif de la fonction publique.

Pour en arriver à se faire mettre en disponibilité d'office, il faut vraiment le vouloir ! L'administration doit faire des propositions fermes, en faire trois, en respectant des critères très favorables au fonctionnaire : on ne peut pas contraindre à déménager, on doit tenir compte de son grade (pas de propositions en dessous de sa qualification) et enfin, on doit rester dans les clous de son projet professionnel. Si le fonctionnaire est une personne de bonne volonté, on doit pouvoir trouver des arrangements !

Cette disposition est destinée aux mauvais coucheurs (il y en a partout), qui ne veulent pas se fouler et qui glandent tranquillement chez eux en étant payés. Là, ils pourront toujours glander chez eux, ils ne seront plus payés. C'est une arme entre les mains des DRH de la fonction publique, pour faire pression sur ces quelques cas difficiles. La grande majorité des fonctionnaires ne seront pas concernés, de toute manière, puisqu'il faut que l'emploi, c'est à dire le type de poste occupé, soit supprimé. Des emplois comme ceux de policier, d'enseignant, de juge, de secrétaire, il y en aura toujours, donc cette mesure n'aura pas à s'appliquer à eux.

Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Le jour où la situation des fonctionnaires se rapprochera réellement de celle du privé en terme de sécurité de l'emploi , on en reparlera. On a le temps.