Le président du groupe centriste au Sénat, Nicolas About, vient officiellement de quitter Bayrou pour se raccrocher à l'UMP. On pensait que Bayrou était à poil, et bien non, il restait encore quelque chose à gratter. Mais là, on est dans le fond du tiroir.

Mis à part quelques sénateurs qui avaient clairement affirmé leur appartenance, soit au Modem, soit au Nouveau centre, les membres du groupe Union centriste au Sénat sont globalement restés dans l'ambiguité. Le meilleur exemple est Jean Arthuis, qui a créé son propre parti centriste, ni Modem, ni Nouveau centre. De vrais centristes ! Il n'y a qu'une seule chose qui peut les en faire sortir : l'appel des places éligibles sur les listes. Déjà, lors des dernières cantonales, quelques sénateurs présidents de conseils généraux centristes ont dû dire s'ils étaient mâles ou femelles. En général, ils ont fait leur coming-out de droite, l'inverse aurait équivalu à un suicide politique.

Les régionales poursuivent cette sortie du bois. Jean Arthuis s'est déjà vendu dans les Pays de Loire pour 12 deniers places éligibles. Nicolas About vient de basculer pour sa place éligible (quatrième dans les Yvelines). Il faut reconnaitre que c'est une belle prise pour l'UMP, car le groupe centriste au Sénat est vital pour le gouvernement, vu que l'UMP n'a pas, à elle seule, la majorité absolue au Sénat. Et en plus, ils l'ont eu pour pas cher.

Tous ces centristes vont à la soupe en se sentant obligés de donner une justification idéologique à leur ralliement. Nicolas About ne supportait plus l'antisarkozysme systématique de Bayrou. Mais comme par hasard, il s'en aperçoit juste au moment de la constitution des listes aux régionales. Apparemment, cela ne le dérangeait pas tant que cela avant et sans cette opportunité de conserver sa place, il serait encore officiellement "Modem".

La fiabilité centriste dans toute sa splendeur. Le centre français, c'est une longue tradition de prostitution politique.