Les régionales sont un baptême du feu pour Chantal Jouanno. Cette technicienne, récemment nommée comme secrétaire d'Etat à l'écologie a "décidé" de se lancer en politique lors des régionales. Sur le papier, le challenge ne semblait pas insurmontable : tête de file à Paris, derrière la leader Valérie Pécresse, en compagnie d'autres femmes ministres, NKM et Rama Yade. Pour le coté plan média, c'est un beau casting, ça pourrait séduire l'électorat parisien dans un scrutin assez peu personnalisé, où finalement, l'étiquette joue beaucoup.

En Ile de France, le thème de campagne contre le sortant est tout trouvé : les transports en commun. Et c'est vrai qu'il y a de quoi dire. Certes, le président du conseil régional sortant ne porte pas seul la responsabilité du délabrement des installations et de la dégradation du service rendu aux usagers. Mais il n'est pas vierge de tout reproche non plus, et malheureusement pour lui, il a accepté la présidence du syndicat des transports d'ile de France en 2006, poste sur lequel il a communiqué, y compris par le biais de campagne d'affichage. Dans les l'esprit des franciliens, le lien est établi : les transports publics, c'est une compétence du conseil régional.

Nos drôles de dames s'engouffrent donc sur le sujet. C'est là que Chantal Jouanno entre en scène, avec sa proposition d'automatisation de la ligne 14 du métro parisien. Aussitôt, elle devient un vedette de la toile, notamment sur Twitter où un grand concours "avec Chantal Jouanno, toi aussi invente ce qui existe déjà". L'intéressée à beau essayer de rattraper le coup, c'est trop tard, il est parti.

Je dois dire que cet épisode m'amuse beaucoup. Certaines trouvailles des internautes me font bien rire. Cela m'amuse aussi car cela permet à une femme, sans doute très honorable et compétente dans son domaine de se rendre compte que se présenter aux élections, même les régionales, ce n'est pas une promenade de santé. A la limite, devenir ministre, c'est plus facile, il suffit de se faire bien voir d'une personne. Quand vous êtes candidat, vous devez faire vos preuves, soit pour être désigné candidat, soit après dans la campagne. Et ça peut être violent, en tout cas, c'est toujours un test de survie, qui permet de voir ce que vous avez dans le ventre. Certains comme David Martinon ont explosé en vol avant même le scrutin, d'autres se sont pris de telles tôles que leur première candidature a aussi été leur dernière.

On va maintenant voir ce que vaut vraiment Chantal Jouanno, au seul vrai test qui compte en politique, le suffrage universel. On peut dire que le test commence fort...