La mise en place du nouveau règlement de l'Assemblée se poursuit entre amateurisme, improvisation et mauvaise foi. Jean-Luc Warsmann avait fait voter un amendement qui imposait des sanctions financières en cas d'absences trop nombreuses aux réunions de commissions. Mais les sanctions n'étaient encourues que si le parlementaire était absent à plus de la moitié des réunions de commission du mercredi matin. Il suffit donc d'être présent pour pointer au moins deux mercredi par mois. Pas bien compliqué ni bien méchant.

L'excellent site nosdéputés.fr a donc effectué les pointages de présence et fait les calculs des retenues sur indemnité parlementaire. C'est facile à faire, puisque les noms des présents figurent en bas de compte rendu de commission. Ils ont ainsi établi une liste des sanctionnés. Cela a incité la presse à aller y voir de plus près, en questionnant ceux qui doivent agir pour que les sanctions soient mises en oeuvre, à savoir les présidents de commission (qui doivent faire le relevé des noms) et les questeurs (qui effectuent les retenues sur indemnités). Visiblement, personne n'avait eu l'idée d'appliquer le règlement et ce fut visiblement la panique au Palais-Bourbon, chacun refilant la patate chaude à l'autre, jusqu'à ce que ladite patate arrive à la présidence de l'Assemblée. Ne pouvant pas la refiler, il a bien fallu fournir une réponse.

Cette réponse, c'est du grand n'importe quoi.

Accoyer commence à dire que la liste est partiellement erronée, mais ne dit pas en quoi ? Effectivement, des précisions ont été apportées lors de la réunion du bureau du 14 octobre sur les excuses acceptables. Mais pourquoi donc avoir attendu ? La mesure votée en mai, et qui n'est pas passée inaperçue, entrait en vigueur le 1er octobre. Et dès le 15 octobre, les règles étant fixées, les listes de présents et d'excusés doivent normalement être exactes. Ou alors qu'on m'explique.

Le plus drôle est ensuite : les députés auraient "déjà organisé leur agenda des semaines suivantes" et n'auraient donc pas pu faire en sorte de pouvoir être présents. J'en suffoque ! De qui se moque-t-on ? Un agenda de député, ça peut se changer dans l'heure s'il le faut et ça se fait souvent, très souvent. Et franchement, s'organiser pour être le mercredi matin dans la salle de sa commission, à Paris, ça ne demande pas un effort surhumain. Surtout que normalement, c'est l'endroit où ils devraient se trouver, sans qu'on ait besoin de le leur demander.

La vérité, c'est que pour ça comme pour le reste, les dirigeants de l'Assemblée nationale n'ont rien préparé, rien anticipé et n'ont même pas le courage d'appliquer les quelques mesurettes qui sont quand même applicables. Accoyer promet quand même des sanctions pour les absences de décembre. J'attends de voir. Mais pour Octobre et Novembre, Accoyer n'a aucune excuse valable.