Vincent Peillon a laché le mot à propos de Ségolène Royal : "psychiatrie lourde". En gros, Ségolène Royal ne serait pas très équilibrée sur le plan psychologique. C'est un constat semble-t-il largement partagé à propos de cette dame.

Le vrai sujet, ce n'est pas elle, c'est l'ensemble du personnel politique. Et plus on approche du sommet, plus les cas de "psychiatrie lourde" se multiplient. Il n'y a qu'à voir le trio de tête aux dernières présidentielles. Ils sont différents, mais la question de leur équilibre psychologique se pose clairement !

Je crois que le problème, à la base, c'est notre système politique et institutionnel. La cinquième république a concentré le pouvoir sur une personne, le président de la république. La charge qui repose sur lui est lourde, écrasante même. Le chemin pour arriver à ce poste est long, tortueux et difficile. Quelque part, il faut être grivé pour tenter sa chance. Pour une personne saine et équilibrée, se lancer dans la course à l'Elysée présente un coût bien supérieur aux avantages qu'il peut en retirer. Cette compétition est réservée à ceux qui ont un ego surdimensionné (et encore, c'est un euphémisme), une capacité à encaisser les coups assez phénoménale et une absence quasi-totale de scrupules (pour ne pas dire plus).

Avec un tel cahier des charges, comment être surpris devant les bestiaux qui se présentent sur la ligne de départ ? Depuis 2007, ça s'est même aggravé.

Une fois de plus, on a les élites qu'on se donne. C'est nous qui acceptons que seuls des tarés puissent avoir une chance d'accéder à la présidence de la République. Si on veut que ça change, il faudrait déconcentrer le pouvoir politique, ramener la présidence de la république à un niveau plus modeste. Il faut ensuite limiter au maximum la désignation directe des dirigeants suprêmes par le peuple, au profit d'une sélection indirecte. C'est ce que font tous les pays qui ont une bonne gouvernance : les pouvoirs sont équitablement répartis et le chef est désigné par le parti qui a remporté les élections.

Une gouvernance sage et apaisée, est-ce vraiment cela que nous voulons ?