Les hauts fonctionnaires qui veulent passer dans le privé doivent solliciter l'avis d'une commission de déontologie de la fonction publique, qui donne un avis en fonction des activités exercées par ce fonctionnaire et sur les liens qu'il a pu avoir avec l'entreprise privée pour laquelle il compte travailler. Le système est plus ou moins efficace, mais il a le mérite d'exister et de poser la règle qu'il est interdit pour un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a eu sous son contrôle et sous sa supervision quand il travaillait pour l'Etat.

Lorsque cette commission est contournée, par exemple par les membres de cabinets hauts placés, cela provoque un miniscandale que les journalistes ne sont pas les derniers à reprendre et à amplifier.

Par contre, quand c'est l'un d'eux qui est concerné, c'est silence radio. Quelques remarques sarcastiques, mais absolument aucun questionnement déontologogique, même pas quand c'est un journaliste chargée du secteur politique qui passe de l'autre coté du miroir et qui rallie le camp qu'il était censé suivre en tant que journaliste. Que ce soit Catherine Pégard qui passe chez Sarkozy ou Françoise Degois qui rejoint Ségolène Royal, c'est la même omerta.

Et pourtant, sur ce dernier cas, il y a des choses à dire, puisque cette journaliste était chargée de suivre, pour le compte de son médias, et selon les règles de la profession, le parti socialiste et Ségolène Royal. Cette même journaliste a sorti un livre d'entretien avec Ségolène Royal qui ne peut pas être lu de la même manière aujourd'hui, maintenant que l'on sait que Madame Degois était plus "groupie" que "journaliste-objective". En fait, tout ce que cette journaliste a pu dire sur Ségolène Royal depuis deux ans se révèle biaisé. L'auditeur, le lecteur pourrait se sentir floué, berné. Surtout que visiblement, au sein de la profession, cela se savait et que personne n'a rien dit ni rien fait pour faire cesser ce scandale.

Apparemment, dans une même situation, selon que vous êtes haut fonctionnaire ou journaliste, vous n'êtes pas traité de la même manière. Certains doivent avoir une déontologie et pas les autres. Pourtant, il me semblait, au regard du mythe que les journalistes nous vendent à propos de leur profession, un minimum de déontologie semble indispensable.