Les élus locaux sont inquiets à propos des réformes qu'ils voient arriver et qui vont chambouler pas mal de choses. Cette semaine, c'est le congrès de l'association des maires de France. La réforme de la Taxe professionnelle va être au centre des débats. Les maires sont d'autant plus inquiets et enclins à mettre la pression que les choses ne sont pas figées. On l'a bien vu à l'Assemblée nationale, les députés ont réécrit en partie la réforme, sans toutefois aller au bout. Maintenant, ce sont les sénateurs qui s'y mettent et ça ne va pas être triste.

Jacques Pelissard est maire de Lons-Le-Saunier, et accessoirement député. Il est aussi président de l'association des maires de France. Sa position n'est pas facile à tenir et à la veille de l'assemblée générale de son association, il sent qu'il faut coller au terrain et se faire le relais de l'inquiétude, mais aussi des surenchères de ses maires. Il menace donc de ne pas voter la réforme en tant que député. C'est sur que se position serait plus confortable s'il n'était que maire. Il pourrait rouspéter en toute tranquillité, sans devoir à un moment donné, choisir entre sa loyauté de godillot député UMP et sa position de président de l'association des maires de France.

Jacques Pelissard n'est pas à l'aise, et le sera encore moins quand ses maires iront regarder les résultats des scrutins de leur président à l'Assemblée nationale. Car cette réforme de la taxe professionnelle, il l'a déjà votée...

Le sujet est déjà passé devant les députés, dans le cadre de la première partie de la loi de Finances. Et Jacques Pelissard a voté pour sans émettre le moindre grognement perceptible sur les bancs de l'Assemblée. Après l'examen par les sénateurs, les députés reverront ce texte pour ratifier les conclusions de la commission mixte paritaire, sans possibilité d'amendement. Si un député voulait s'exprimer sur ce sujet, il fallait le faire le jeudi 22 octobre 2009, l'Assemblée nationale y a passé sa journée. Après c'est trop tard, et il ne reste plus à ces retardataires qu'à prendre des postures en espérant que personne n'aille y regarder de trop près.